
Hors de la famille, les disparus sont peut-être encore vivants, comme les frères Bakroot, camarades de préau, ou Marianne et Claudette, des ex-compagnes, qui ont réellement traversé sa vie (enfin, je le suppose). "Je l'ai déçue, Claudette, et c'est peu dire ; le dernier sentiment qu'elle eut pour moi, le dernier regard qu'elle me porta, fut de répulsion peut-être, de peur et de pitié mêlées. Elle a fui ce qui la dépossédait, et s'est peut-être retrouvée elle-même dans le cours des choses." Et à l'origine de ces disparus, son propre père, parti, alors que Pierre Michon n'avait que deux ans.
Enfin, comme socle des piédestaux, il y a les lieux et la terre, à travers leurs noms, Chatelus, Mourioux, Saint-Goussaud et surtout la ferme des Cards, dans la Creuse, où Pierre Michon est né et qu'il a reçue en héritage. C'est pour lui le tombeau des ancêtres auquel il redonne vie, sous la forme d'un musée ou d'un temple.
En dépassant sa vie de deuils, Pierre Michon en finit avec ce passé et transforme hommes et lieux en mythologies.
Éditions Gallimard, Collection Folio, première impression en 1984,
256 pages.
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