mardi 6 novembre 2018

À la poursuite du bonheur

Si la recette du bonheur n'existe pas, voilà quelques faits scientifiques et des expériences de sages qui peuvent donner des pistes.
Elsa Punset, philosophe espagnole et spécialiste de l'intelligence émotionnelle, s'est inspirée des philosophes grecs, romains, chinois, des scientifiques et des poètes du monde entier pour Le livre des petits bonheurs.
Déjà, voilà une bonne occasion de réviser les pensées d'Épictète, Socrate, Épicure, Héraclite, Platon, Sénèque, Marc Aurèle, etc. et de les appliquer grâce aux psychologues contemporains. Les philosophies chinoises nous sont parfois moins familières mais tout aussi adaptables à nos vies modernes.
Elsa Punset explore ensuite les rituels mongols, tibétains, thaïlandais, indiens, japonais... qui pourraient nous inspirer dans notre recherche du bonheur.
Nous pouvons aussi trouver des sources d'inspiration auprès des héros et héroïnes des romans, des films et des grands mythes qui surmontent des épreuves pour accéder à un univers extraordinaire et se transformer.
Enfin, le bonheur se trouve également auprès des psy et des philosophes contemporains.
L'autrice ne se contente pas de lister les exemples et de synthétiser les pensées de chacun : elle propose une boîte à outils et des exercices concrets pour appliquer ces diverses méthodes à notre vie quotidienne.
Le bonheur se mérite parfois et se cultive souvent, ce qui demande quelque effort...

Éditions Solar, 2018, 240 pages. 

dimanche 4 novembre 2018

Les oiseaux de René Frégni

Alors que sa fille quitte le nid et laisse un vide, René Frégni prend un cahier et entame un journal. Pendant quelques mois, il raconte ses journées, entre contemplations, états d'âme, rencontres et souvenirs.
Cela donne La fiancée des corbeaux — le titre rendant hommage à son amie qui vit en pleine campagne et où les arbres se chargent parfois de nuées d'oiseaux noirs.
Dans l'œuvre de René Frégni, on navigue entre les extrêmes, de la lumineuse poésie d'un instant à la pire noirceur du monde, de rencontres éblouissantes de tendresse ou désolantes de folie.
Les femmes sont souvent du côté de la tendresse : sa mère disparue mais toujours auprès de lui, ses filles, son amie institutrice ou cette auto-stoppeuse qui va danser...
On croise aussi les chemins de drôles d'oiseaux, des vrais — comme ces corbeaux par centaines ou ces gabians de l'île Sainte-Marguerite, aussi inquiétants que ceux d'Hitchcock — et des hommes, comme son ami Tony qui veut écrire ses mémoires de caïd ou ce dingue qui surgit un jour chez lui comme un cauchemar.
Une rencontre appelle un souvenir.
Une lecture ravive toutes les autres, et avec elles tous les lieux traversés, non sans mélancolie. Et la Provence qu'il décrit n'a rien d'une carte postale.
8 juin
De quoi ai-je voulu parler dans ce cahier depuis un an, de qui ? Je n'ai parlé que d'amour. La pensée seule de l'amour écarte la solitude et les premiers signes de la vieillesse que l'on constate dans le miroir, sur la peau de nos bras, de nos mains. 
Ai-je été plus sincère en évoquant la banalité de mes jours que dans toutes les histoires que j'ai pu inventer jusque-là ? J'ai été plus près de mon enfance, plus près de cette terre que créait chaque jour le visage de ma mère, sa voix.

Ce temps qui passe finit par s'achever, comme ce journal qu'on aimerait pourtant lire indéfiniment.

Éditions Gallimard, 2011, 176 pages. 

Lire aussi ma chronique sur Elle danse dans le noir.