mercredi 25 décembre 2019

Réveillez vos pensées

Sur le modèle de la microfiction et du haïku, voilà la microréflexion ! C'est ce que nous invite à pratiquer Alexandre Lacroix, dans Microréflexions. Comment philosopher au fil des jours ?
Il s'agit d'une série de 70 à 80 courts essais (deux à cinq pages) de philosophie légère pour stimuler la pensée en nous, amorcer un processus de réflexion, histoire de ne pas d'enliser dans la routine et ramollir du cerveau. Autant dire que l'exercice devrait faire office de café pour les méninges.
Ces microréflexions partent toujours d'un exemple précis, d'un souvenir, d'une expérience pour inciter le lecteur à s'interroger.
Les thèmes abordés vont de l'érotisme à l'art en passant par le travail, le deuil, le courage, le genre ou la fête.
C'est un peu sur ce modèle que l'auteur, directeur de la rédaction de Philosophie magazine, a bâti ses éditos depuis la création de la revue en 2006.
À vous de jouer !

Allary Éditions, 2019, 300 pages.

Lire aussi la chronique sur Devant la beauté de la nature,

mardi 24 décembre 2019

Jouons sans entraves

Vous croyez tout savoir, même ce que vous n'avez jamais osé demander sur la sexualité féminine ? Faux !
Comment se fait-il que nous commencions seulement à comprendre vaguement ce qu'il se passe dans le corps des femmes ?
L'autrice et journaliste Sarah Barmak est Canadienne, donc son essai Jouir : en quête de l'orgasme féminin concerne avant tout l'Amérique du Nord (l'Europe ne doit pas être loin du compte), où l'anatomie féminine est quasiment inconnue car les études scientifiques sont rares. Ni vue ni connue, devrions-nous dire, puisqu'elle a longtemps été mal vue, au propre comme au figuré, voire niée.
4e de couverture
Ce livre n'est pas un mode d'emploi pour grimper aux rideaux, mais une enquête sur la sexualité des femmes et son épanouissement.
Après un tour d'horizon des recherches scientifiques et des pratiques pour découvrir son corps — dont la méditation de pleine conscience —, il s'agit d'une exploration du sujet et une source de réflexion sur la vie des femmes en général.
Le constat n'est pas jouissif : malgré la pilule et la prétendue révolution sexuelle, la plupart des femmes n'atteignent jamais l'orgasme — un phénomène complexe à décrire.
Décrire l'orgasme avec des mots, c'est comme essayer de gloser sur le reflet de la lune qu'on apercevrait à la surface d'un lac à travers la brume — difficile de parler d'une perception subjective, à laquelle seule la personne qui l'expérimente a accès.
Alors que notre culture occidentale semble obsédée par le sexe, les lacunes sont encore profondes. Quoi de plus normal, finalement, quand les violences sexuelles font toujours rage et que le monde n'est toujours pas suffisamment sûr pour s'exprimer publiquement sur le sujet — sans parler des milieux ou des régions où il est tabou, réprimé ou bafoué. 
Une lecture ré-jouissante !

Éditions Zones, préface de Maïa Mazaurette, 2019, 208 pages.

Un autre excellent ouvrage des éditions Zones : Sorcières. La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet.

samedi 21 décembre 2019

Sauver son âme

Corinne Morel Darleux s'est retirée de ses responsabilités partidaires, mais elle est toujours conseillère régionale et ne renonce pas à des actions politiques plus radicales et concrètes pour métamorphoser la société. 
"L'acte isolé, même démultiplié, n'a aucune chance dans un sytème dominé par les oligopoles et les lobbies, qui l'ont bien compris : eux ont tout intérêt à prôner ces petits gestes qui donnent l'illusion d'agir pour le bien commun sans bousculer l'ordre établi ni établir de réseau trop maillé", écrit-elle dans Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Réflexion sur l'effondrement.
Elle laisse libre cours à ses réflexions sur le monde moderne en perte de repères, le climat, la disparition du vivant, sur ces gens qui sont là où il faut parce qu'ils ont fait un pas de côté, choisi leur voie, abandonnant parfois le brillant d'une carrière au profit d'une vie plus digne à leurs yeux.
Elle cite de nombreux écrivains (Romain Gary, Françoise Héritier, Mona Chollet...) et s'inspire surtout du navigateur Bernard Moitessier qui, en 1969, était donné vainqueur du premier tour du monde en solitaire et sans escale, mais a abandonné la course pour prendre sa liberté en laissant ce message : "Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme." En renonçant aux honneurs, il signe un refus de parvenir, un geste admirable où la compétition n'est pas le but ultime.
J'ai envie d'un livre d'intuitions qui donne à penser tout en laissant des espaces de liberté et de fiction. De fondus et d'ellipses... Pourquoi faudrait-il toujours tout disséquer, tout expliciter ?
Ce bel essai philosophique et littéraire est une source d'inspiration.

Éditions Libertalia, 2019, 104 pages.

Le blog de Corinne Morel Darleux

Chez ces gens-là

Quelle trouvaille que ce merveilleux roman d'Elisabeth Clementz : L'Adret !
Il s'agit d'un premier roman, court et dense, sensible, profond et subtil, qui commence comme une comptine enfantine dont chaque couplet correspond à un chapitre. Chaque chapitre fait un bond dans l'histoire, des années 20 aux années 50 ou 60. Mais souvent derrière les chansons se cachent des drames.
L'histoire commence par une rencontre, un coup de foudre irrépressible, entre deux jeunes gens que tout sépare, une religion et une vallée, dans la France rurale. L'un est sur l'adret, le bon côté ensoleillé ; l'autre est sur l'ubac, plus austère et violent.
Les chiens n'avaient rien dit, le père n'avait pas pointé sur lui son fusil et elle avait d'un hochement de tête acquiescé à sa demande. Elle n'avait pas semblé surprise de le voir, c'était à chaque fois pareil, comme si elle l'avait attendu, comme si leurs rencontres avaient pour elle un caractère d'évidence absolue.
Le lecteur sait (presque) tout — mais pas les personnages — et il lui en faut peu pour être tenu en haleine jusqu'au bout.
À découvrir absolument !
La forêt c'était pour se cacher, bien sûr, mais pas seulement. C'était aussi pour apprendre de la vie, en ligne directe. Sa mère la laissait aller à sa guise, mais une fille seule dans la forêt, c'était mal vu. Ça apportait de la salive au moulin des ragots, à la désastreuse réputation de leur famille dont les membres faisaient office de parias, et il en faut, paraît-il, pour que la communauté accède à une sensation de complétude.

Éditions du 81, 2019, 152 pages.

jeudi 19 décembre 2019

Ode aux typographes

Les éditeurs, secrétaires de rédaction, imprimeurs, auteurs et autres passionnés de lettres vont apprécier ce Dictionnaire de l'argot des typographes, augmenté d'une histoire des typographes au XIXe siècle et d'un choix de coquilles célèbres, d'Eugène Boutmy.
L'ouvrage nous invite dans l'univers insolite de ce métier vieux comme l'imprimerie, son histoire — riche en faits et fugues alcoolisées — et surtout sa langue pittoresque et imagée.
Où l'on découvre que ce jargon haut en couleurs est peuplé d'animaux : si l'on sait ce qu'est un canard, on connaît moins les chiens, les singes, les chèvres, les loups-phoques, les hannetons (quand ce ne sont pas des araignées dans la coloquinte)...
Les coquilles — la hantise du correcteur et du typographe — dont l'étymologie est inconnue (l'auteur nous propose sa version) font l'objet d'un chapitre entier tant il y a d'anecdotes malencontreuses à raconter.
Enfin, pour terminer le bestiaire, un florilège d'âneries que des typographes ou gens de lettres dignes de ce nom n'auraient pas dû laisser passer.
Si la modernisation de l'imprimerie a fait disparaître ce métier, son histoire et son langage revivent grâce à cet ouvrage.

Éditions Le Mot et le Reste, 2019, 152 pages.

mercredi 18 décembre 2019

Autobiographie d'un vagabond

Thierry Pardo a toujours arpenté le monde. Spécialiste des éducations alternatives (en liberté) et relatives à l'environnement, il ne professe évidemment pas dans Les savoirs vagabonds et pose davantage de questions qu'il n'apporte de réponses.
Ces carnets de route livrent ses expériences, souvenirs et pensées sur ses pérégrinations et flâneries dans les forêts, montagnes, déserts, villes et eaux du monde entier.
Chemin faisant, ce Marseillais qui s'est établi au Canada nous entraîne dans ses pas et ses réflexions sur la liberté, la façon de voyager, mais aussi le difficile retour...
C'est souvent dans le silence des déserts, de sable, de sel, de glace que j'ai reçu mes plus grandes leçons. Je sais ce que je dois aux forêts, à la mer, aux flancs escarpés des montagnes. Il peut sembler étrange qu'un environnement naturel professe. Pourtant chacun peut sentir intuitivement que nous appartenons aux paysages où nous avons flâné, où nous avons su prendre le temps de nous perdre.
Un passionnant essai philosophique et poétique sur la nature et les voyages qui forment la jeunesse... et les moins jeunes.

Éditions Écosociété, 2019, 136 pages.
Écosociété est une maison d'édition indépendante, une œuvre collective, fondée en 1992 par un groupe de militants convaincus qu’il était grand temps de défendre une société où l’écologie sociale serait une valeur cardinale.

Le site de l'auteur : Une éducation sans école

lundi 16 décembre 2019

Mes lectures préférées de 2019

Suivez les liens directs vers les chroniques de mes meilleurs moments de lecture de l'année : une sélection (drastique) de
10 romans, 3 BD et 5 essais.


Romans

- Ceux que je suis, Olivier Dorchamps
- Texto, Dmitry Glukhovsky 
- Fatche d'eux, Charles Gobi
- Pourquoi les hommes fuient ?, Erwan Larher
- Tulipe Blues, Emmanuel Pinget
- Oyana, Éric Plamondon
- L'arbre-monde, Richard Powers 
- Un cadenas sur le cœur, Laurence Teper
- My Absolute Darling, Gabriel Tallent
 - L'appel, Fanny Wallendorf

BD et biographies

- Spinoza, à la recherche de la vérité et du bonheur, Philippe Amador
- Les Légendes des siècles, Caritte
- Mishima. Ma mort est mon chef d'œuvre, Patrick Weber et dessins de Li-An.

Photos

- L'ascension du mont Ventoux, François Pétrarque et photos de Catherine De Clippel

Essais

- Créer, c'est exister. Comment développer une pratique créative au quotidien, Valérie Belmokhtar
- Devant la beauté de la nature, Alexandre Lacroix
 - Pour une révolution délicieuse, Olivier Roellinger
- Que faire des cons ? (pour ne pas en rester un soi-même), Maxime Rovere
- Peut-on réussir sans effort ni aucun talent ?, Gilles Vervisch

Auto-promotion

- Quand les arbres nous inspirent
- Se ressourcer toute l'année avec les arbres
- et bien sûr la revue Kanyar !

mercredi 11 décembre 2019

Mal de mères

Le recueil de nouvelles Petites morsures animales, de Julie Legrand démarre fort avec Rien, une terrible histoire très courte qui se déroule dans un tribunal.
En tout, douze nouvelles et autant de tranches de vies, d'histoires inattendues, décortiquent les relations familiales ou amicales parfois tendues, et surtout les rapports avec les mères, qui parfois — au bord de la crise de mère — virent au malaise, qu'elles adoptent, frappent ou tombent enceinte très jeunes...
Les nouvelles parlent aussi d'écriture ou s'inspirent ou de la vie d'autres artistes, comme cette chanteuse américaine à la renommée internationale, ou cette Serbe qui pousse l'art corporel à l'extrême ou encore invoquent Aimé Césaire.
Julie Legrand explore, cherche, trouve et fait feu de tout bois.
Ça chauffe !

Éditions Orphie, 2019, 132 pages.

Retrouvez aussi l'autrice de nouvelles dans la revue Kanyar.
La maison d'édition jeunesse de Julie Legrand : Alice au pays des virgules.
Lire aussi mes chroniques sur d'autres livres de Julie Legrand :
- L'extinction :
- La fleur que tu m'avais jetée.

mardi 3 décembre 2019

Les Belges sont-ils surréalistes ?

Quand le journaliste français Jérémy Audouard s'est installé en Belgique en 2008, il a été surpris par certaines attitudes des habitants de ce royaume : les Wallons et les Flamands cohabitent cahin-caha alors que tout semble les opposer. Il a ensuite arpenté le pays de long en large et a réalisé des centaines de reportages.
Dans cet ouvrage, soit une vingtaine d'entretiens, reportages, portraits, il nous donne un petit aperçu "des liens invisibles et une identité discrète que les Belges eux-mêmes ne semblent pas mesurer" — il est fort à parier qu'ils ne croient même pas à une quelconque identité belge.
Si les Belges semblent à un tournant de leur histoire, que leur reste-t-il en commun ? Bruxelles, autrefois flamande et aujourd'hui bilingue, est-elle une capitale neutre ou l'épicentre des tensions ?
Les Belges sont-ils toujours surréalistes ? Un chapitre passionnant avec un portrait de Jean Libon, créateur de l'émission Strip-tease et co-réalisateur du documentaire Ni juge, ni soumise ; un entretien avec le dessinateur Philippe Geluck et un reportage dans les coulisses des humoristes à succès.
Enfin, le dernier chapitre, également passionnant, prend pour exemple quelques-uns de ces Belges qui rayonnent et inspirent bien au-delà de leurs frontières : l'entrepreneur de la brasserie Brussels Beer Project, l'astrophysicien Michaël Gillon, le philosophe Philippe Van Parijs (avec "le compromis à la belge") et l'initiatrice des marches pour le climat Adélaïde Charlier.
Nous aimions les Belges, surréalistes ou pas, désormais nous nous passionnons pour eux !

Ateliers Henry Dougier, Collection Lignes de vie d'un peuple, 2019, 150 pages.

Lire aussi mes chroniques sur d'autres ouvrages de cette belle collection :
- Marseillais de Patrick Coulomb et François Thomazeau ;
- Japonais de Raphaël Languillon-Aussel.

lundi 2 décembre 2019

Où il y a des gênes, il y a du plaisir

Lire Élise Thiébaut est toujours un plaisir car cette journaliste féministe est drôle et efficace, quel que soit le sujet.
Elle a même la délicatesse de nous prévenir des passages un peu ardus, notamment sur la génétique, mais elle sait de toute façon rendre toute information parfaitement digeste.
Après son essai sur le tabou des règles, Ceci est mon sang, elle s'attaque à l'identité, donc à l'identité nationale, donc au racisme, mais aussi à la génétique et à la généalogie, donc au patriarcat, dans un essai original : Mes ancêtres les Gauloises - Une autobiographie de la France.
C'est en effet une autobiographie car elle part de son histoire personnelle — elle qui semble être la représentante typique de la Française pure souche — et de celle de sa famille (surtout de sa lignée de femmes), pour parler de l'histoire de la France.
C'est donc un essai original car Élise Thiébaut interroge son identité française en tenant compte de la place des femmes, mais aussi des conséquences que la colonisation ou l'esclavage ont eu sur son ascendance et sur ses privilèges. 
C'est l'occasion de décortiquer le racisme dans tous les sens, et d'en dénoncer les croyances et les caricatures.
Mais où il y a des gênes, il y a du plaisir.

Éditions La Découverte, collections Cahiers libres, 2019, 270 pages.

dimanche 1 décembre 2019

Billebaude, période Fauve

Billebaude, la revue bisannuelle du musée de la chasse et de la nature, sort son numéro d'automne sur le thème du Fauve.
Comme à son habitude, la belle revue explore nos relations à la nature et croise les sujets sur l'art, la littérature, l'histoire, la recherche, les sciences, l'écologie, la philosophie, etc.
Bien sûr, elle donne aussi la parole à ceux qui travaillent sur le terrain : forestiers, agriculteurs, naturalistes...
Elle a été créée en 2012 par la Fondation François Sommer et les éditions Glénat.
Les anciens numéros sont disponibles.
Dans ce numéro Fauve, chacun dans sa spécialité explore la polysémie du terme, notre rapport au fauve, donc à l'animalité, et les représentations de ce thème : animal, couleur, adjectif, nom, courant artistique... avec un recueil de textes littéraires de Maurice Genevoix, Honoré de Balzac, Jacques Lacarrière, R. D. Lawrence, ainsi que des fictions de Cécile Serres, Antoine Boute, Olivia Rosenthal.
Pierre-Olivier Dittmar, maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales, interroge notre animalité.
Michel Pastoureau, historien et grand spécialiste des couleurs, décrypte les nuances de cette palette.
L'écologue Jean-Claude Génot nous en apprend davantage sur le mystérieux lynx.
Le philosophe Baptiste Morizot aborde notre imaginaire et nos fantasmes autour du fauve.
Le thème a évidemment beaucoup inspiré les artistes plasticiens, comme Jesse Darling ou Abraham Poincheval.
Autant de points de vue et d'images qui nous inspire aussi...

Collection Billebaude, éditions Glénat, 96 pages, 23 x 30 cm.

Des conférences sont organisées au musée de la chasse et de la nature. Voir sur le site, notamment celle autour du numéro Cueillir, sur Paroles de sorcières - Penser l'écoféminisme.

mardi 19 novembre 2019

Li-An, un autodidacte devenu dessinateur pro

À l'occasion de la sortie du superbe roman graphique qu'il a dessiné sur Mishima, Jean-Michel Meyer dit Li-An, répond à nos questions. Il nous parle de Moebius qui est un peu à l'origine de sa vocation, de ses débuts, de son lien avec La Réunion...

 

Tout d'abord, pourquoi Li-An ?
Quand j’étais jeune, je ne voulais pas signer Meyer et la BD aime bien les pseudos. Li-An, c’est une interprétation du nom de jeune fille de maman (un nom chinois qui a été francisé).
Moebius, découvert dans Métal Hurlant

Raconte-nous ton parcours : comment as-tu débuté la BD ? Quel a été le déclic ?
Je suis autodidacte en dessin et j'ai décidé à 17 ans d'apprendre à dessiner pour faire de la BD après la découverte du travail de Moebius dans des Métal Hurlant achetés d'occasion. Mais avant cela, j'écrivais de petites nouvelles, j'ai créé un magazine en classe de troisième, j'enregistrais des histoires sur magnétophone avec bruitages. J'avais donc envie depuis longtemps de raconter des histoires quelle que soit la forme que cela prendrait.

Depuis quand dessines-tu en professionnel ?
Depuis 2000 à peu près. J'ai sorti Planète lointaine chez Delcourt en 1998, mais ça n'a pas été payé très cher. 

Quelles sont les œuvres dont tu es le plus fier, pourquoi ?
Je peux difficilement être fier de mes albums, j'y vois toujours beaucoup de défauts. Et en même temps, ce sont comme des enfants. Chacun a ses qualités et ses défauts, on ne peut en préférer aucun. Évidemment, ceux dont je suis l'auteur complet correspondent le mieux à ma vision de la BD.

Avec la coloriste Laurence Croix
Comment se passe une création en général ?
Pour ce qui est de mes propres albums, je rumine quelques années un sujet, je passe quelques semaines à écrire le scénario et une année à dessiner l'album.

Comment cela s'est passé pour le roman graphique sur Mishima ?
Après l'échec des Maîtres de l'étrange, mes projets n'ont pas trouvé preneur et Vents d'Ouest m'a proposé d'illustrer une biographie sur Mishima sur un scénario de Patrick Weber. Comme je connaissais un peu l'œuvre et le personnage, j'ai pensé que cela pourrait faire quelque chose d'intéressant et j'ai accepté.

Quel est ton lien avec La Réunion et le magazine de BD Le Cri du Margouillat ?
En tant que fils de militaire, je suis venu deux fois à La Réunion pour cause de mutation. J'ai donc fréquenté Le Tampon en tant que collégien et lycéen, puis Saint-Denis en tant qu'étudiant en DEUG Sciences. C'est à ce moment-là que Le Cri du Margouillat s'est créé et je fais donc partie des fondateurs du magazine. J'ai fait enfin un troisième séjour d'une durée de six ans comme enseignant et j'ai rencontré ma femme à cette occasion. La Réunion est donc très importante pour moi dans ma construction en tant qu'auteur BD et dans ma vie personnelle tout court. Même si je ne fais plus que des courts séjours occasionnels, c'est une île où j'ai vécu des moments très intenses sur une longue durée de ma vie, quelque chose de difficile à réaliser lorsque l'on est fils de militaire où les déménagements sont fréquents. J'y ai aussi des amis du Margouillat (et même d'avant) avec lesquels j'ai réalisé de belles choses. Revenir à La Réunion, c'est comme retrouver son enfance et, en même temps, observer une société en mouvement. C'est un mélange très stimulant.

Tu as dessiné l'album Fantômes blancs avec le scénariste Appollo : qui a eu l'idée ? Comment avez-vous procédé ?
Avec le scénariste Appollo
Après plusieurs albums de la série de science-fiction aventureuse Tschaï, j'avais envie de me changer les idées avec Appollo. On s'est dit que l'on pouvait surfer sur le succès surprise de La grippe coloniale. Il m'a donc proposé cette histoire de fantôme pirate et de chasse au trésor dans un univers inspiré de La Réunion, sans que ce soit vraiment explicite. Il a écrit l'histoire que je trouvais géniale (le scénariste en bandes dessinées écrit tout, dialogues et histoire, il a plus d'importance que le scénariste de cinéma parce qu'un album BD a un nombre précis de pages et le dessinateur ne peut donc pas improviser ou adapter le scénario sans conséquences graves) et j'ai illustré sans intervenir. En général, j'interviens très peu sur le travail des scénaristes sauf pour des problèmes de compréhension ou de logique narrative.

Parlons des œuvres dont tu es l'auteur complet : pourquoi Boule de suif de Maupassant ?
Boule de suif, scénario et dessins de Li-An
Lorsque j'ai terminé Tschaï, Jean-David Morvan (scénariste sur cette série) m'a proposé de travailler dans une nouvelle collection qu'il a créée chez Delcourt et dont l'objectif était d'adapter des ouvrages étudiés dans les collèges français. Mon fiston venait juste de travailler sur Le Horla de Maupassant et je pensais que c'était une bonne idée avant qu'Appollo ne me dirige vers Boule de Suif. L'intérêt principal (en dehors de la qualité de l'histoire et de l'écriture de Maupassant), c'était le format de la nouvelle qui me permettait d'en faire un seul album de 46 planches.

Quelles étaient les difficultés et comment t'y es-tu pris ?
Ça a été assez simple à adapter finalement. J'ai un peu coupé dans certains dialogues qui auraient été trop longs pour une BD. Je me suis amusé à faire parler les animaux pour la voix off et puis c'est tout. L'histoire est très simple, les personnages bien marqués, tout coulait naturellement. Seul le physique de Boule de Suif, le personnage principal, s'est révélé problématique. Elle est décrite comme une montagne de saindoux (littéralement) et je me suis dit que les lecteurs d'aujourd'hui risquaient d'être désarçonnés de voir une énorme dame, au risque de parasiter l'histoire. J'ai donc choisi de l’amincir quelque peu.

Voir aussi :
- Le blog de Li-An
- Mishima. Ma mort est mon chef d'œuvre.

Lire d'autres entretiens avec des membres du Cri du Margouillat :
- Appollo
- Tehem

samedi 9 novembre 2019

Une vie de masques

Patrick Weber s'est inspiré de l'autobiographie Confessions d'un masque pour écrire le scénario du roman graphique Mishima. Ma mort est mon chef d'œuvre. Les dessins en noir et blanc, subtils et expressifs, sont de Li-An.
L'ouvrage nous plonge à la fois dans l'Histoire du Japon, des années 1920 (et avant) jusqu'aux années 1970, et celle de Mishima. Très tôt initié au kabuki par sa grand-mère, il comprend l'importance des masques dans sa vie.
L'écrivain se rend compte très jeune qu'il est différent, fasciné par la mort et la souffrance. Il est fortement impressionné par la découverte du Saint Sébastien de Guido Reni.
Il commence à publier des poèmes dans le journal de son école et adopte alors le nom de Mishima car son père lui interdisait de lire et écrire pour l'élever à la dure. Son amitié avec Kawabata, un autre très grand écrivain japonais, durera toute sa vie.
Ce beau roman graphique donne un aperçu de la vie énigmatique et extrêmiste de l'écrivain japonais et surtout donne envie de (re)lire son œuvre.

Éditions Vents d'Ouest, 2019, 17,5 x 24,8 cm, 248 pages.

À lire, un entretien avec le dessinateur Li-An.

vendredi 1 novembre 2019

Entrez dans les danses

Un puzzle d'histoires, un entrelacs de destins croisés, de personnages secrets, manipulés, manipulateurs, est le cœur de l'histoire de Danses du destin de Michel Vittoz. C'est un roman noir, un polar haut de gamme, au style ensorcelant et au dispositif narratif original et choral.
Mais l'auteur fait aussi référence à la littérature, au théâtre, aux grands mythes comme à sa propre œuvre, Œdipe à Paname, qu'il semble revisiter ici. Dans le roman, la tragédie d'un personnage prend ses racines dans la tragédie de l'Histoire et notamment dans les ténèbres de la Deuxième Guerre mondiale.
Dans ces mystérieux et dramatiques destins qui n'en finissent pas de peser sur les générations suivantes ou sur le cours de l'Histoire, nous entrons directement dans la danse macabre par la voix de certains protagonistes qui dérapent sans trop comprendre ce qui leur a pris : un homme se rend compte après coup qu'il a tué son père, un jeune flic qui se voit confier l'enquête sort du cadre, un tueur à gages aguerri se met à regretter un crime...
Il est aussi question d'un roman en train de s'écrire.
Il est surtout question d'un grand moment de lecture !
VOUS lisez : devant vous des signes noirs sont tracés sur un rectangle blanc. Vous êtes assis ou couchés, certains, c'est plus rare, lisent debout. Sur le rectangle blanc, les signes font leur travail, ils fabriquent sous vos yeux quelque chose qui n'est pas sur la page mais qui se trouve peut-être juste derrière — ce qui vous conduira à tourner la page si nécessaire — si vous continuez à lire, c'est peut-être qu'il y aurait quelque chose dans le livre, que vous avez envie de connaître ou de rencontrer, une histoire sans doute, que les signes vous racontent et qui, cette fois, vous ferait vraiment descendre dans la rue et courir pour de bon après cette femme qui vient de passer.
Quidam éditeur, 2019, 248 pages.

mercredi 23 octobre 2019

Zadig zigzague en beauté

Zadig est un beau magazine, qui zigzague entre la revue graphique et le beau livre, sur beau papier, avec belle maquette et illustrations.
Le créateur Éric Fottorino, ancien directeur du Monde, qui avait déjà lancé Le Un et America, y convie de belles plumes : écrivains, philosophes, historiens, sociologues... ce qui donne de beaux textes et des dossiers de fond sur toutes les France.
L'autrice réunionnaise Isabelle Kichenin participe au dossier Réparer la France avec "Le désir de transformer l'océan Indien, muraille de carton-pâte bleu, en un boulevard scintillant pour nos possibles rêves."
De belles interviews, aussi, comme celle de Pierre Lemaître dans le numéro sur le travail, ou celle de Michel Serres dans le numéro sur la nature.
Et bien sûr de très belles illustrations de Catherine Meurisse, Tom Haugomat, Nicolas Chuard, Iris Hatzfeld, Serge Bloch, Jean-Claude Götting, Matthias Lehmann, Fabio Viscogliosi, et pour finir, une BD de Mathieu Sapin...

Zadig est une publication du 1, 21 x 27 cm, 194 pages.

Le trait et l'esprit de Guy Delisle

On ne se lasse pas du style de Guy Delisle : un dessin dépouillé et précis, tendre et expressif, et des ambiances subtiles, intelligentes, touchantes, pleines d'humour.
Par exemple, dans Chroniques birmanes, il raconte son long séjour en Birmanie (ou Myanmar) où sa femme est en mission pour une ONG. Pendant ce temps, entre les affres de la création du dessinateur de BD et son quotidien d'homme au foyer, il s'occupe du bébé et découvre le pays, ses habitants, ses us et coutumes, ses curiosités et incongruités qui résistent à l'œil étranger.
Il explore surtout son quartier car le dépaysement est souvent au bout de la rue. Son expérience de méditation Vipassana est irrésistible, drôle et profonde.
En petites histoires de quelques pages, il croque l'ambiance intime, locale, sociale et politique.
Passionnant.

Explorez l'ouvrage par vous-même sur le site de l'artiste.
Retrouvez également Guy Delisle dans les pages du Cri du Margouillat.

Éditions Delcourt, collection Shampooing, 2077, 264 pages.

lundi 21 octobre 2019

Gagner du temps pour réaliser ses rêves

Pour ceux qui courent après le temps, qui se noient dans un verre d'eau, qui sont désorganisés ou débordés, qui sont vite au bord du burnout en cas de surcharge : ce livre est pour vous.  
Fabien Olicard, plus connu comme mentaliste, est une sorte d'hyperactif hyper-organisé qui prétend avoir été procrastinateur (preuve en est qu'il a bien changé !).
Il nous donne, dans Votre temps est inifini - Et si votre journée était plus longue que vous ne le pensiez ?, ses recettes pour ne plus dire "Je n'ai pas le temps" et nous permettre ainsi de trouver du temps pour réaliser nos rêves. Plus d'excuses, en tout cas pas celle du manque de temps qui est souvent une façon de justifier notre procrastination.
Nous pouvons gagner du temps sur certaines tâches pour devenir plus efficaces et de façon plus simple qu'on ne croit.
Par exemple avec cette méthode d'organisation de réunions efficaces et agréables en créant de bonnes conditions pour atteindre les objectifs. 
Ceux qui n'ont pas un emploi du temps de dingues ou qui ne sont pas entrepreneurs à la tête d'équipes ou de plusieurs sociétés, y trouveront tout de même des astuces pour mieux s'organiser, savoir faire des choix parfois difficiles, gérer les priorités et les urgences, mieux profiter de leur temps personnel.
Car le but du livre n'est pas de vous rendre hyper-productif ou de vous transformer en bête de travail mais de vous laisser du temps pour respirer, vous ressourcer, profiter de vos amis et vos proches.
Un ouvrage instructif, intelligent, écrit dans un style simple et direct, très agréable à lire.

Éditions First, 2019, 250 pages.

mercredi 16 octobre 2019

L'édition racontée aux enfants

Pour fêter ses 10 ans de création, la maison d'édition Hélium explique aux enfants, avec un livre animé original, ce qu'est une maison d'édition et toute la chaîne du livre : comment on crée, fabrique et vend un livre, des manuscrits jusqu'aux dédicaces en librairie.
L'objet a pour titre Bienvenue dans ma maison d'édition. Il se présente sous la forme d'une grande enveloppe qui se déplie et se transforme en maison (d'édition) avec ses différents étages et bureaux, que l'on peut suspendre.
Il est dessiné par Didier Cornille, qui a déjà publié de nombreux livres chez Hélium (dont Asseyez-vous et Toutes les maisons sont dans la nature). Il est écrit par l'éditrice Sophie Strady
Dix mini livres complètent la visite avec un exemple de livre pour enfants, les explications pour fabriquer son propre livre, le guide des métiers (auteur, éditrice, graphiste...), un dico des héros pour s'inspirer et inventer son histoire, le métier de correcteur.trice, les grands principes de la typo, des débuts pour écrire la suite de contes, les mots qui décrivent un livre,
Instructif, précis, joli et ludique.
À partir de 6 ans.

Éditions Hélium, 2019, décor en carton en forme d'enveloppe et 10 livrets.

mercredi 9 octobre 2019

L'élégante étrangeté d'Edward Gorey

Une anthologie, c'est son titre, tout simplement, d'Edward Gorey rassemble, pour la première fois en France, les meilleures œuvres de l'écrivain-dessinateur américain parmi la centaine qu'il a publiée.
Il s'agit de 5 recueils présentés dans leur ordre de parution, de 1961 à 1977 : L'Enfant guigne, Les Enfants fichus, L'Aile ouest, Total Zoo, Le Couple détestable.
Où l'on explore l'univers d'Edward Gorey (1925-2000), insolite et bizarre, gothique, sombre et mystique, étrange et beau, tendre et monstrueux, comme l'absurdité de la vie et de la mort, peuplé de fantômes, d'animaux imaginaires, d'effroyables destins d'enfants, avec des dessins à la plume, extrêmement détaillés.
On devine l'influence de l'œuvre de cet artiste excentrique sur celle du cinéaste Tim Burton qui le considère comme son maître.
Cet élégant album fait partie des livres "ovnis" publiés par Le Tripode, qui ne ressemblent à rien de connu, alliant littérature et images, magnifiques.

Éditions Le Tripode, 2019, 16, 5 x 17,5 cm, 176 pages.

mercredi 2 octobre 2019

Le dico qui a la langue qui fourche

Il y a des mots compliqués (ou pas), difficiles à prononcer (ou pas), qui font fourcher la langue et sont littéralement déformés, martyrisés, rejetés...
Heureusement, Yan Lindingre (dont le nom subit peut-être aussi des dérapages) les a élevés au rang d'art brut, digne d'un dictionnaire : Le Gros Robert illustré.
Ils ne sont ni lapsus, ni calembours, ni contrepets, ni mots-valises. Ce sont, dit l'auteur :
Des mots partis en embardée parce qu'irrémédiablement aimantés par un faux-semblant. Le patronyme va s'encastrer dans le paronyme.
Autant Le Petit Robert est gros, autant Le Gros Robert est léger, malgré ses 400 références et citations.
On se demande d'ailleurs où Lindingre a entendu tout ça. Certains mots-dérapés sont connus, nous les avons tous encaissés en nous vrillant l'oreille, comme infractus ou aréoport, mais tous les autres ?
Je soupçonne l'auteur, en bon scénariste et dessinateur humoristique, de s'être amusé à en créer spécialement, et c'est tout à son honneur car il fallait les trouver et ils sont drôles ! L'excellent concept, poussé à son paroxysme, finit par embrouiller et on cherche parfois quel est le mot d'origine.

Éditions Rouquemoute, 2019, 12 x 17 cm, 68 pages avec 40 dessins de l'auteur.

samedi 28 septembre 2019

Les bienfaits des arbres vous intéressent ?

Bien sûr que cela nous intéresse !
Nous avons tous ressenti le bien-être si particulier que procurent une sortie dans la nature ou la simple contemplation des fleurs et des arbres dans un jardin.
À quoi est-il dû ? au grand air ? au calme des lieux ? au moment de détente, voire d'exercice, que l'on s'accorde alors, au fait que l'on se déconnecte de toute routine pour se reconnecter à un lien perdu mais essentiel ?
Sans doute à tout cela à la fois, et à bien plus encore, puisque tous les mystères de la nature n'ont pas encore été élucidés, loin de là. Ces dernières années, de nombreuses études scientifiques ont démontré le caractère bienfaisant de la nature sur les humains, et ont commencé à en expliqué les raisons.
Pour tout savoir sur la question et profiter des bienfaits de la nature, suivez ce guide !

Ressentir les bienfaits des arbres, hors-série Ça m'intéresse, Marie Martinez, 16,5 x 22 cm, 2019, 208 pages.

Voir aussi mes autres ouvrages sur le même thème :
- Quand les arbres nous inspirent, éditions Géo, photos couleurs, 23 x 32 cm, 224 pages.
- Le pouvoir extraordinaire des arbres. Ce qu'ils nous apportent, hors-série Géo, photos couleurs, 19,5 x 27 cm, 2019, 144 pages.
- Se ressourcer toute l'année avec les arbres, éditions Prat Prisma, 2019, 15,5 x 21 cm, photos couleurs, 224 pages.
- Ateliers Bains de forêt, éditions ESF, 2019, 17 x 22 cm, 128 pages.

Plonger dans les bains de forêt

Le B. A. ba des bains de forêt pour connaître l'essentiel du principe, les bienfaits de la sylvothérapie, comment s'y prendre et des programmes spécifiques pour se reconnecter avec la nature.
Tout le mode d'emploi selon son état et si on est avec des enfants, ou au travail à la maison, en ville, fatigué ou stressé, ou si on manque de temps. Ou tout cela à la fois !
La nature nous ressource et nous apaise.

Ateliers Bains de forêt, Marie Martinez, éditions ESF, 2019, 17 x 22 cm, 128 pages. 

Voir aussi mes autres ouvrages sur le même thème :
- Quand les arbres nous inspirent, éditions Géo, photos couleurs, 23 x 32 cm, 224 pages.
- Le pouvoir extraordinaire des arbres. Ce qu'ils nous apportent, hors-série Géo, photos couleurs, 19,5 x 27 cm, 2019, 144 pages.
- Se ressourcer toute l'année avec les arbres, éditions Prat Prisma, 2019, 15,5 x 21 cm, photos couleurs, 224 pages.
- Ressentir les bienfaits des arbres, hors-série Ça m'intéresse, 16,5 x 22 cm, 2019, 208 pages.

mercredi 25 septembre 2019

Délicieuse rébellion

Quand un grand chef étoilé, Olivier Roellinger, prend fait et causes pour la bonne nourriture (en opposition à la malbouffe industrielle, évidemment), cela donne un livre manifeste : Pour une révolution délicieuse.
Il emprunte à Alice Waters, l'ambassadrice du Slow Food en Amérique du Nord, l'expression de "révolution délicieuse".
J'aimerais contribuer à sortir ce trésor de l'humanité qu'est la nourriture des griffes des industriels et du repli sur soi.
La nourriture est à la fois notre première médecine préventive, notre héritage et notre culture.
Ce livre prône l'amour de la cuisine et la cuisine faite avec amour, et va plus loin : c'est également un plaidoyer pour une agriculture plus écologique et sociale, puisque, en plus de détruire notre santé et la planète, les produits alimentaires fabriqués et issus de l'industrie agrochimique sont chers ! Ce qui est une aberration totale, morale et politique.
Ces marchands tuent le vivant, les plantes, la terre, la mer, tout l'environnement, ainsi que les petits paysans qui veulent rester indépendants (et produire du bon), donc l'humain.
Où l'on apprend, entre autres, l'histoire du sucre qui non seulement est liée à celle de l'esclavage mais résulte d'un lobbying d'État pour en faire consommer en masse, quitte à en ajouter partout et à tripler les doses dans les recettes !
Il est faux de dire que nous n'avons pas le temps de cuisiner : nous en sommes persuadés par le marketing qui n'en a que pour notre porte-monnaie.
Il faut donc revenir au plaisir de faire soi-même, de choisir de bons produits, de prendre le temps nécessaire à ces choses essentielles qui font également plaisir à ceux que nous aimons. En plus, cela devient un acte de résistance.
Un livre qui fait du bien, enthousiasmant, pour une transition alimentaire, une révolution dans nos assiettes, à grands coups de fourchettes, fouets et casseroles !

Éditions Fayard, 2019, 208 pages.
Les droits d'auteurs de cet ouvrage seront entièrement reversés à l'ONG Ethic Ocean pour la préservation des ressources halieutiques.

lundi 23 septembre 2019

Tout l'univers de Paul Cox

Sarah Mattera, historienne de l'art qui dirige un centre d'initiation à l'art pour les enfants, propose une Conversation avec Paul Cox.
Cette rencontre donne lieu à un superbe et passionnant livre-objet, illustré évidemment, qui raconte les origines du peintre, ses influences, la façon dont il travaille, ses recherches, ses règles du jeu, son œuvre : la scénographie, les affiches, les paysages, les livres...
"La peinture, pour moi, tient beaucoup plus de la compréhension de ce que l'on vient de faire que de la préméditation de ce que l'on va faire."
La plus grande partie du texte se présente sous la forme d'un entretien, avec questions et réponses, et de nombreuses illustrations de l'œuvre graphique et poétique de l'artiste, dont des archives personnelles.
Dans une deuxième partie aux pages plus étroites sur un papier plus fin, Sarah Mattera raconte sa rencontre avec Paul Cox et son intérêt pour son œuvre.
Enfin, une troisième partie, sur papier vert, étudie la méthode de travail de l'artiste en lien avec l'installation Le Boulingrin de l'oncle Toby.
"La contrainte est toujours positive. Elle semble négative car elle limite le champ des possibles, mais c'est précisément cette limitation qui facilite la création."
Un beau livre qui ravira les fans et comblera les curieux.

Éditions Pyramyd, 2019, 180 pages.

samedi 21 septembre 2019

Manifeste pour mieux aborder Alzheimer

L'ouvrage du docteur Véronique Lefebvre des Noëttes, Que faire face à Alzheimer ? répond notamment à la question par : Gagner des années de vie meilleure.
L'autrice est psychiatre pour personnes âgées et accompagne également des malades atteint d'Alzheimer depuis 30 ans. Elle est aussi docteur en philosophie pratique et éthique médicale. 
Lorsqu'on est aidant, on cherche des façons d'entourer le proche atteint et tenter de réagir au mieux. On est curieux aussi de comprendre comment la maladie se met en place et comment tenter de l'éviter ou la retarder.
Ce livre fait le point des connaissances sur la maladie et la mémoire ; la façon dont se construit un diagnostic ; la mise en place des suivis en fonction de l'évolution de la maladie ; ce qu'on peut espérer et comment intervenir plus tôt.
Pour finir, Véronique Lefebvre prône la bienveillance de notre société autour des malades et de leur soin.
Un ouvrage accessible, avec de nombreux exemples et des paroles de malades.

Éditions du Rocher, 2019, 308 pages.

D'autres livres sur la maladie :  
- Le deuil blanc de Jean Biès ;
- Pas pleurer de Lydie Salvayre ;
- La présence pure de Christian Bobin ;
- Pourquoi s'en faire de Jonathan Franzen ;
- Koumiko d'Anna Dubosc.

jeudi 19 septembre 2019

Les héros revus et bien corrigés

https://www.rouquemoute-editions.fr/wp-content/uploads/2019/03/Les-legendes-des-siecles_Caritte_190x252_couv.jpgCaritte revisite et pastiche avec beaucoup d'esprit et d'humour des héros et héroïnes, réels ou de fiction dans Les Légendes des siècles.
Le tour d'horizon commence par les humains préhistoriques, passe ensuite par Jésus, le commissaire Maigret, Zorro, George Sand, les Amishes ou Davy Crockett.
Même Johnny Hallyday fait partie de la liste : il se fait enlever pour une rééducation... inattendue ! En effet, les chutes sont particulièrement gratinées.
Les mousquetaires sont hilarants : ils manient la langue française aussi bien que l'épée et considèrent l'écart de langage plus grave que l'écart de conduite.
Soulignons au passage que les textes sont bourrés de jeux de mots et fort bien écrits, en cohérence avec chaque personnage. Par exemple, les dialogues de l'histoire sur Jeanne d'Arc sont remarquables en vieux français.
Dans la parodie du dessin animé Scooby-Doo, rebaptisé Scoubidonbidon, les noms des personnages font référence aux nouveaux philosophes qui se font copieusement clouer le bec.
Une façon très amusante et fine d'évoquer des sujets actuels et de critiquer notre société.

Éditions Rouquemoute, 2019, 19 x 25,2 cm, 80 pages.
Le blog de Caritte.

Spinoza sans peine (donc avec bonheur)

Vous n'osez pas vous attaquer à Spinoza ?
Heureusement, Philippe Amador, dessinateur passionné de sciences et de philosophie, l'a fait pour nous, en dessins, avec Spinoza, à la recherche de la vérité et du bonheur. Il a trouvé une méthode simple et ludique pour adapter Le traité de la réforme et de l'entendement et nous en livrer l'essentiel. Génial !
Dans cette œuvre initiatique fondamentale, le jeune Spinoza cherche un moyen d'atteindre le bonheur sans souffrance et s'interroge sur la vérité, ce qui va l'amener vers la philosophie.
Ce roman graphique philosophique comporte une première partie où Philippe Amador imagine l'expérience qui précède l'écriture du Traité et dont il est question à la première ligne : "Après que l'expérience m'eut enseigné...". La deuxième partie est l'adaptation du livre, pas à pas, avec les phrases de Spinoza et les commentaires d'Amador. Enfin, en troisième partie, une petit biographie de Spinoza retrace brièvement l'histoire de sa famille et du parcours du "prince des philosophes", comme l'appelait Deleuze.
La vérité, c'est que du bonheur !

Éditions Dunod, 2019,19 x 25 cm, 128 pages.

lundi 16 septembre 2019

Ces gestes qui nous trahissent

© Nadine Giblin
C'est le plaisir jamais démenti de la rentrée, le dernier livre de Philippe Delerm : L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent. Il se déguste à petites gorgées ou se lit d'une traite, pour y revenir.
En deux ou trois pages maximum, l'auteur brosse avec son acuité habituelle l'essentiel et les petits détails de gestes presque anodins. Il fallait avoir l'œil pour isoler, remarquer et décrire les attitudes du tireur et du pointeur à la pétanque, ceux du lanceur de ricochets, de l'automobiliste qui manœuvre avec la paume, du conducteur de caddie en magasin...
On rit franchement pendant ou au moment de la chute des "instantanés littéraires", comme dans Orgasme en public où l'auteur se moque de ces personnages qui essaient de nous embobiner théâtralement.
On sourit comme Mona Lisa, alors que l'auteur attire notre regard sur les mains du modèle...
Une cinquantaine de petits chapitres gouleyants que Philippe Delerm nous verrait peut-être bien siroter avec Un verre à la main.

Éditions du Seuil, 2019, 120 pages.

D'autres chroniques sur les livres de Philippe Delerm :
- Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases ;
- Journal d'un homme heureux ;
- Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long ;
- Elle marchait sur un fil ;
- Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter la terre ;

samedi 7 septembre 2019

Voyages insolites

Bientôt on n'osera plus voyager, prendre la voiture, l'avion, encore moins le bateau...
On peut se contenter de lire des livres de voyages, une autre manière de faire de jolies découvertes. Mais pour ne pas partir (ou rester) idiot, voyageons instruit, avec les dictionnaires insolites des éditions Cosmopole. À sa création, la maison publiait des récits de voyages et d'histoire, puis des biographies historiques et enfin ces dictionnaires thématiques et insolites sur des pays ou des villes, écrits par des spécialistes du terrain.
Celui sur le Japon, rédigé par Liza Maronese, est très plaisant à lire, que l'on connaisse ou pas encore ce pays, pas si insolite (ce qui pourrait être anecdotique et peu représentatif) mais au contraire essentiel, tout en évitant les lieux communs.
Les magnifiques couvertures signées par Amélie Pignarre donnent envie d'acheter toute la collection.

Éditions Cosmopole, 2019, 160 pages.

jeudi 5 septembre 2019

L'amour et les bagarres à Pont-de-Vivaux

Deux ans déjà que Charles Gobi n'avait rien publié ! Cela nous manquait, car il nous avait habitués à son roman annuel depuis Le Bar de la Sidérurgie, le premier de la série, qui a fait l'effet d'une bombe dans le roman noir marseillais.
Voici donc le petit dernier, le septième, qui a de qui tenir dans la famille. Les fans (ceux qui ne le sont pas encore le deviendront) vont être servis.
Charles Gobi fait partie des meilleurs dialoguistes marseillais, hissant l'art de la galéjade à son sommet humoristique. Ses dialogues truculents, aussi réalistes que drôles, plus vrais que nature, comme enregistrés sur le vif, souvent dans un langage fleuri ou bourré de jeux de mots, parfois tellement lourds qu'ils en sont irrésistibles et parfois tout simplement légers et poétiques. La première scène, sous forme de conversations entrecroisées lors d'un mariage, vaut son pesant de cagoles.
On l'aura deviné, une des expressions qui revient le plus est Fatche de ("face de..." pour les non occitanophones).
On passe aussi des références musicales populaires comme la Danse des canards à Philip Glass, un contraste qui tient du grand écart acrobatique et fait tout le charme du style de l'auteur, qui joue ainsi sur l'effet de surprise.
Nous sommes toujours à Marseille dans le quartier, sans intérêt touristique mais haut en couleurs, de Pont-de-Vivaux et la cité de la Sauvagère, où on discute de foot, on joue à la belote et à la pétanque, un quotidien tranquille si l'on n'avait pas des aventures à résoudre. Et cette fois-ci, il s'agit de trouver des compagnes aux uns et aux autres, entre autres bagarres tarantinolesques.
On y retrouve les mêmes personnages au passé plus ou moins cocasse (ancien curé, anciens légionnaires...) mais pour les lecteurs qui découvrent cet univers impitoyable, cela n'entravera pas leur lecture car ils sont à nouveau présentés. Nos héros, pas toujours raccords avec la loi mais bien intentionnés, vont devoir se coltiner d'autres personnages beaucoup moins altruistes. Normal : il faut bien une histoire avec les gentils qui finissent par terrasser les méchants, qui sont généralement bas du plafond, très menaçants et n'inspirent pas l'admiration. Et ça finit en baston, en feu d'artifice, devrais-je dire, car la vengeance — ou la justice — est toujours cinglante et sanglante. Et même si, en connaisseur du style de Charles Gobi, vous vous doutez que la fin heureuse sera du côté des gentils, le suspense est au rendez-vous.
D'ailleurs, je ne comprends pas qu'aucun producteur ne se soit penché sur une version théâtrale ou cinématographique de ces romans. En plus, il y a maintenant de quoi faire une série. Quentin (Tarantino), si tu me lis...

Éditions Le Confort numérique, 2019, 238 pages.

Pour acheter les livres, lire des extraits, consulter la liste des librairies qui les vendent, consultez le site de Charles Gobi.

* Chaque roman peut se lire indépendamment :
- Le Bar de la Sidérurgie
- Les Goudes, c'est de l'anglais...
- Hercules des Trois Ponts
- Chemin des Prud'hommes
- Il est pas con, ce con ?
- La grosse Janine.   

mercredi 4 septembre 2019

Le bonheur (donc la santé) est près des arbres

Si les arbres font l'objet de cultes depuis la nuit des temps, dans le monde entier, ce n'est pas un hasard. Ils ont été le premier habitat des humains et les ont protégés. Aujourd'hui encore, leur ombre nous rafraîchit en été, leur présence contribue à la biodiversité, leurs silhouettes majestueuses nous ravissent et toutes les cabanes qu'on pourrait y construire font toujours rêver.
L'étendue de leurs bienfaits va bien au-delà puisque leur impact sur notre santé est désormais prouvé par les études scientifiques.
Ce beau livre inspirant, avec de nombreuses photos et citations, propose une synthèse de ces études et 52 façons, ludiques et poétiques, de se ressourcer grâce au pouvoir extraordinaire des arbres. À la campagne, dans les bois, dans un jardin, mais aussi en ville, sur un balcon ou au bureau, il est très simple de se (re)connecter à la nature, en toute saison, parfois en quelques minutes, que l'on soit seul ou à plusieurs, avec des enfants... 

Le bonheur est tout près, dans la nature.

Quand les arbres nous inspirent, Marie Martinez, éditions Géo, photos couleurs, 23 x 32 cm, 224 pages.

Voir aussi mes autres ouvrages sur le même thème :
- Le pouvoir extraordinaire des arbres. Ce qu'ils nous apportent, hors-série Géo, photos couleurs, 19,5 x 27 cm, 2019, 144 pages.
- Se ressourcer toute l'année avec les arbres, éditions Prat Prisma, 2019, 15,5 x 21 cm, photos couleurs, 224 pages.
- Ateliers Bains de forêt, éditions ESF, 2019, 17 x 22 cm, 128 pages. 
- Ressentir les bienfaits des arbres, hors-série Ça m'intéresse, 16,5 x 22 cm, 2019, 208 pages.

jeudi 29 août 2019

La tournée des grandes dupes

Illustration de couverture : Xavier Richard
Tulipe Blues est un texte loufoque, absurde, inventif, poétique, onirique et irrésistiblement drôle d'Emmanuel Pinget.
Une équipe d'ouvriers a pour mission de livrer, pendant un week-end voire davantage, une énigmatique tulipe bleue fabriquée dans leur atelier.
Leur patron — dont la société s'appelle Big & José — donne des instructions à distance, façon Big Brother, mais trop vagues pour qu'ils puissent accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
Les voilà donc embarqués pour une tournée rocambolesque, pleine de surprises, de péripéties et trouvailles improbables, qui tourne en rond et fait tourner en bourrique le narrateur. Et il a de quoi avoir le tournis et le blues avec son équipe de bras cassés...
La brume est dense. Les phares diffusent une lumière chirurgicale, on voit moins la route que s'ils étaient éteints. Je le fais remarquer à Talmone, qui me dit de pas jouer les miss météo. Je lui demande pourquoi il allume pas les feux de brouillard. Il répond c'est de la brume.
Car Tulipe blues est un texte d'une richesse qui peut être appréciée à différents niveaux, certes pour sa poésie comique, mais aussi comme un blues, une complainte sur l’esclavagisme moderne et absurde du travail.

Éditions Louise Bottu, 2019, 190 pages.

mardi 27 août 2019

Jeune fille en quête de (re)pères

Au début de Pourquoi les hommes fuient ?, le dernier roman d'Erwan Larher*, Jane agace. Elle a l'arrogance de son jeune âge et surtout elle ne lit pas. Ensuite, elle s'exprime comme elle parle, avec un vocabulaire parfois incompréhensible pour ceux qui sont nés au siècle dernier et qu'on ne trouve pas dans le dictionnaire. Et finalement, c'est ce qui devient intéressant, son franc-parler, et le fait qu'on commence à la connaître, lui accorder quelque circonstance atténuante et une personnalité pas si superficielle, inculte et paumée qu'elle n'en avait l'air. Elle a un ascendant sur les autres (elle peut même percevoir les auras). Elle est surtout dotée d'un sens de la repartie très à-propos et plein d'humour. Surtout qu'en face d'elle, les adultes sont fuyants à souhait, et tellement bien campés aussi dans leur façon de décamper.
Le signe qu'on s'attache aux personnages, donc au livre qu'on tient entre ses mains, c'est qu'on est prêt à mordre sur le temps de sommeil ou procrastiner sur tout le reste pour avancer dans l'histoire.
Le vioque qui a ouvert la porte doit avoir dans les quatre-vingts balais. Il est chauve du dessus et porte ce qu'il reste de ses cheveux, tout blancs, longs jusqu'aux épaules. Il plisse les yeux derrière ses immenses lunettes carrées aux verres gras. Sa peau, sans déc, on dirait la vieille éponge que tu retrouves au fond du placard sous l'évier quand tu déménages, même l'eau n'en veut plus et coule dessus en doigt d'honneur.
C'est donc l'histoire de cette jeune fille en quête de père, donc de repères, et de ses pérégrinations pour le retrouver (ou pas). Entretemps, elle croisera quelques adultes, hommes et femmes, s'interrogera sur la tendance à fuir, fera un pas de côté dans la science-fiction, etc. Entretemps aussi, on entendra les voix croisées de deux musiciens rock, qu'on confondrait presque d'ailleurs, l'un étant le pendant de l'autre comme le revers d'une même médaille, dont un qui a réussi et l'autre pas (réussi quoi, d'ailleurs ?).
Mais peu importe (presque) l'histoire de ce roman, si l'on s'y attache, cela est dû au talent d'Erwan Larher qui trouve un style et une psychologie des personnages (plus réalistes que dans Marguerite n'aime pas ses fesses et peut-être un brin moins que dans son excellent témoignage du Livre que je ne voulais pas écrire), branchés sur la dynamique de Jane qui ne tient pas en place. Un style réaliste avec un pas de côté dans la magie ou le surnaturel.

Quidam éditeur, 2019, 356 pages.

* voir aussi les chroniques sur les autres livres d'Erwan Larher parus chez Quidam :
- Marguerite n'aime pas ses fesses ;
- Le livre que je ne voulais pas écrire.

lundi 26 août 2019

Manifeste pour l'écologie

Le dessinateur de presse et auteur de bande dessinée Aurel signe Fanette, un petit album instructif et drôle sur un personnage féminin qui manifeste son ras-le-bol d'une société incapable de changer et qui court à sa perte sans comprendre l'enjeu de l'écologie.
Fanette est un personnage dans la lignée des Agrippine de Bretécher, des Mafalda de Quino et de la vraie Greta Thunberg : les adultes (et son petit frère) n'ont rien compris aux actions à mener contre le réchauffement climatique. Elle va donc leur expliquer avec son langage et son tempérament de pré-ado.
La confrontation avec les autres donnera lieu à des frictions et situations comiques.
Tout y passe : les bons gestes au quotidien, acheter local, faire un potager bio, les transports non polluants...
Une saine lecture pour tout public, à partir de 8 ans.

Éditions Rouquemoute, collection Maximoute, 2019, 15,2 x 15,2 cm, couverture cartonnée, 54 pages.

En vente ici aussi.