vendredi 21 juillet 2017

Chapeau la méthode !

Edward de Bono, considéré comme un spécialiste de la créativité, a mis au point une méthode qui permet de réfléchir et s'organiser pour explorer tous les aspects d'un sujet.
C'est la méthode des six chapeaux qui a également l'avantage de faire gagner du temps, de limiter les problèmes d'ego, les discussions conflictuelles et la critique non constructive. Ce qui n'est pas rien.
L'objectif est de poser les bonnes questions, définir le problème et organiser le travail de réflexion.
Très efficace en réunion professionnelle, cette méthode peut, bien sûr, être utilisée à titre personnel. Elle consiste à aborder tour à tour divers angles de réflexion avec des chapeaux symboliques de couleurs différentes, ce qui permet de prendre du recul et de s'exprimer plus librement.
La couleur de chaque chapeau est liée à sa fonction : le chapeau blanc représente les données et les faits (et l'information manquante) ; le chapeau rouge est lié aux émotions et intuitions ; le chapeau noir, très important, aborde les risques, les points faibles et la critique ; le chapeau jaune représente les espoirs et avantages ; le vert regroupe la créativité et les idées neuves. Enfin le chapeau bleu permet d'organiser la réflexion.
Chapeau la méthode !

Éditions Eyrolles, 2017, 218 pages.
Voir le site de l'auteur.

dimanche 9 juillet 2017

Trois femmes courageuses

Trois histoires de femmes entrelacées comme une tresse, situées aux antipodes : Inde, Italie, Canada.
L'une est une Intouchable et refuse que sa fille subisse le même sort qu'elle ; l'autre dirige une entreprise artisanale familiale et refuse la faillite ; la dernière est une avocate de haut vol qui gère de main de maître sa vie professionnelle comme sa vie privée et refuse d'être déstabilisée par sa maladie.
On comprend vite comment ces destins très éloignés mais contemporains vont finalement se rejoindre mais l'écriture est simple, le dispositif bien amené et les sujets bien documentés — d'où le succès déjà rencontré par ce premier roman.
Ces femmes courageuses ont notamment en commun des caractères bien trempés et une volonté farouche de s'en sortir malgré l'adversité des mondes dans lesquels elles vivent. Comme quoi, dans les pays développés comme dans les plus pauvres, les femmes n'ont jamais la vie facile.
On lit à toute allure La tresse que Laetitia Colombani, scénariste et réalisatrice, ne devrait pas tarder à mettre en images.

Éditions Grasset, 2017, 224 pages.

jeudi 22 juin 2017

Un roman anguilliforme

Ali Zamir est un jeune (27 ans à la sortie du livre en 2016) Comorien qui a écrit ce premier roman, Anguille sous roche, dans un style très original.
C'est l'histoire d'une lycéenne comorienne qui est accrochée à une épave, au milieu des flots, entre les îles d'Anjouan et de Mayotte, d'un bout à l'autre du livre.
En situation de survie, elle raconte son parcours dans l'urgence. Elle s'exprime de façon précipitée, dans une logorrhée verbale — la ponctuation se résume à des virgules ! — et un langage à la fois familier (avec des expressions populaires et beaucoup d'adverbes) et littéraire, avec un vocabulaire parfois érudit.
Elle se prénomme Anguille (les personnages du roman portent tous des noms étranges, comme des surnoms : Crotale, Connaît-Tout, Vorace, Tranquille, Rescapé...). Sa façon sinueuse de s'exprimer et de se comporter évoque l'animal marin serpentiforme, et peut-être aussi les tourbillons et remous d'une mer agitée (mère agitée ?).
Révoltée et rebelle, elle raconte notamment sa passion amoureuse, sa vie de jeune fille, ses relations avec son amant, son père, sa sœur, sa tante...
Il est question d'adultères, de filiations cachées, mais aussi de problèmes économiques (et politiques ; cela n'a peut-être pas de rapport, mais on se souvient qu'Ali Zamir avait eu du mal à obtenir un visa pour la France) de cette région de l'océan Indien des Comores et de Mayotte ; par exemple, la situation des réfugiés et des travailleurs clandestins qui transitent et s'entassent sur de fragiles embarcations (mais je ne veux pas trop dévoiler le fil de l'histoire).
Bref, c'est du jamais lu.

Le Tripode, 2016, 320 pages. 
Anguille sous roche  a été sélectionné pour de nombreux prix littéraires et a notamment obtenu le Prix Senghor du premier roman francophone et francophile.

vendredi 16 juin 2017

Parler vrai et assumer

Le titre, le sujet et la couverture orange retiennent l'attention : L'art subtil de s'en foutre - Un guide à contre-courant pour être soi-même.  
Mark Manson s'insurge contre ces diktats de la compétition et du toujours plus (ces injonctions à être meilleur, positif, en bonne santé, riche, sexy, productif, etc.) qui nous rendent malades au lieu de nous rendre meilleurs, alors que parfois tout va mal et qu'on a plutôt envie de claquer la porte et mettre un bon coup de pied dans la fourmilière ! Certes, nous vivons en société et il vaut mieux être bienveillant et agréable avec les autres pour maintenir un tant soit peu de bonne ambiance.
Prenant à rebrousse-poil les livres de développement personnel classiques avec un ton décontracté et déculpabilisant, cet essai inspiré de son blog (à abonnement payant) est une façon de prendre la vie du bon côté même quand elle ne se présente pas sous son meilleur jour, et surtout sans se prendre la tête. 
Son premier exemple est Bukowski, ce raté extraordinaire qui a quand même réussi tardivement. Comme quoi, on peut être un raté longtemps, mais tout n'est pas perdu et c'est encore mieux en l'assumant. L'important est de ne pas en rajouter une couche en se culpabilisant.
Ce livre ne prétend pas nous rendre meilleur mais nous aider à mieux nous assumer, tels que nous sommes avec nos vilains défauts. Il ne sert à rien de s'acharner à se pourrir la vie à vouloir être comme il faudrait être, c'est-à-dire parfait (et forcément échouer). Il vaut mieux se focaliser sur ce qui compte vraiment pour nous et envoyer bouler tout le reste.
Ce serait donc ça, la voie du bonheur selon Mark Manson : parler vrai et assumer.

Éditions Eyrolles, 2017, 190 pages.
Consulter le blog de l'auteur.

mardi 23 mai 2017

Justes délinquants

Les éditions Don Quichotte ont été crées en 2008 par Stéphanie Chevrier avec le souhait de croire que "les livres peuvent influencer le cours des choses" et de publier "ceux qui relèvent des défis, ou qui marchent contre le désenchantement du monde".
Un ouvrage collectif, intitulé Ce qu'ils font est juste, dirigé par Béatrice Vallaeys rassemble des dessins d'Enki Billal et des textes et poèmes de vingt-six auteurs sur le thème des étrangers, des réfugiés, des immigrés...
En réponse à la loi de 1938 qui dicte que "toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France" encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, des écrivains répondent par les mots — avec pour maîtres-mots : humanité, solidarité, hospitalité...
Évidemment ces auteurs ont cédé leurs droits d'auteurs pour soutenir des associations humanitaires — humanitaires, cela va de soi mais il fallait le souligner pour rappeler qu'elles sont aussi illégales, coupables de délit d'hospitalité ou de solidarité — qui viennent en aide à ces étrangers qui viennent chercher refuge en terres d'accueil (je n'irai pas jusqu'à ajouter des guillemets mais on aura compris l'ironie de la formule). Outre que ladite loi L 622 a vocation à lutter contre les passeurs et trafiquants sans scrupules, elle met quasiment — avec des peines moindres — dans le même panier (à salade) les citoyens n'écoutant que leur bon cœur qui osent sans contrepartie soigner, héberger, nourrir ces hommes, femmes et enfants sans titres de séjour.
Les auteurs : Antoine Audouard, Kidi Bebey, Clément Caliari, Antonella Cilento, Philippe Claudel, Fatou Diome, Jacques Jouet, Fabienne Kanor, Nathalie Kuperman, Jean-Marie Laclavetine, Christine Lapostolle, Gérard Lefort, Pascal Manoukian, Carole Martinez, Marta Morazzoni, Lucy Mushita, Nimrod, Serge Quadruppani, Serge Rezvani, Alain Schifres, Leïla Sebbar, François Taillandier, Ricardo Uztarroz, Anne Vallaeys, Angélique Villeneuve, Sigolène Vinson.

Éditions Don Quichotte, 2017, 336 pages.

vendredi 12 mai 2017

Ces êtres vivants doués de sensibilité

Anna Alter et Boris Cyrulnik nous racontent les avancées de la science sur les émotions et sentiments des animaux. Cela donne un livre épatant pour les enfants de 7 à 11 ans : À l'école des animaux, ce qu'on ne sait pas encore... Les tendres illustrations sont de Catherine Cordasco.
Boris Cyrulnik s'est toujours passionné pour les animaux et ce qu'ils peuvent nous apprendre sur nous-mêmes : comment les adultes éduquent les petits, le besoin d'attachement de certaines espèces, comment ils communiquent entre eux, comment ils jouent ou se manipulent, comment ils s'organisent, comment ils vivent le deuil d'un proche...
On apprend une foule d'histoires surprenantes et touchantes sur la vie des animaux — du guépard au calmar, du chameau à l'abeille (presque du coq à l'âne) — qui nous rappellent souvent nos propres comportements !
Si l'on peut observer la peur, l'empathie ou le bonheur sur certains de nos compagnons à quatre pattes, on ignore encore quelle est la vraie nature de ces sentiments. Les chercheurs ne sont pas toujours d'accord : certains pensent qu'on ne peut prêter aux animaux des émotions humaines. En tout cas, la comparaison permet de remettre l'homme à sa place.

Éditions Le Pommier Jeunesse, Collection "Sur les épaules des savants", 2017, 48 pages.

jeudi 11 mai 2017

Kanyar à La Lucarne des écrivains

Tous à La Lucarne des écrivains
le 19 mai !


Vous connaissez Kanyar*, cette revue indépendante de création littéraire créée en 2013 par notre ami André Pangrani.
Parmi les plus de 30 auteurs qui ont participé aux 5 premiers numéros, 8 d'entre eux — Cécile Antoir, Marie-Jeanne Bourdon, Jean-Christophe Dalléry, Emmanuel Gédouin, Xavier Marotte, Marie Martinez, Albertine M. Itela, Edward Roux — seront le 19 mai prochain à La Lucarne des écrivains (115, rue de l'Ourcq, Paris 19e arrondissement, métro Crimée), à partir de 19 h 30.
Ils vous raconteront des histoires, vous dédicaceront les 3 derniers numéros encore disponibles.
Si kanyar signifie vaurien en créole réunionnais, la revue Kanyar, elle, vaut bien le voyage jusqu'à La Lucarne des écrivains le 19 mai. 
Venez, j'y serai !

* Lire les chroniques :