Dans Courir à ce qui me brûle, l'écrivain Jean-Pierre Suaudeau, qui réside non loin de Vaucluse, marche dans les pas de Francesco Petrarca en Provence, littéralement et littérairement.
Il s'inspire de la vie du poète des poètes, avec un titre tiré d'un de ses sonnets, et imagine son quotidien, ses états d'âme et ses zones d'ombre, ses rencontres...
Comme lui, il trouve dans ces paysages l'écrin idéal pour écrire.
J'ai ensuite été cet homme venu chercher ici, tout comme Francesco, le calme, une forme de sérénité pour écrire, fuir l'activité incessante, et, comme lui, oscillant sans cesse entre vie sociale et retrait.
Se retirer, trouver la protection d'un écrin, oublier un temps les sollicitations auxquelles j'étais incapable de renoncer. En même temps y trouver un supplément d'âme que je ne parvenais pas alors à m'expliquer, un élan propre à l'écriture. Marcher, se laisser envahir par ce que distillaient les collines, la nature qui deviendrait peu à peu un cadre familier, rassurant, où l'air paraît immense, à l'égal de l'air marin sétois évoqué par Paul Valéry qui ouvre et ferme le livre.
Tout semble possible ici, n'avoir ni commencement ni fin. Rien pour limiter le désir d'écrire, pas même les bourrasques de plus en plus fréquentes du mistral, grand purificateur de la terre, ni les battues des chasseurs qui me fournissent des prétextes pour rester devant l'écran à bricoler des phrases. À l'automne ou en hiver, à l'exception de la cloche qui égrène les heures, la journée peut s'écouler, comble du luxe, sans que nul bruit humain ne me parvienne.
Le roman est bien sûr parsemé de poèmes du Canzionere de Pétrarque.
Le tout est d'une grande poésie.
Éditions Joca Seria, 2025, 180 pages.








