mercredi 30 août 2017

Un amour inconditionnel

Je tombais, je tombais et j'avais oublié pourquoi. C'était comme si j'étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m'y accrocher mais je n'attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d'air mouillé.
Ma reine de Jean-Baptiste Andrea est un premier roman tout à fait original par son style, poétique et faussement naïf, qui peut surprendre au début. Mais on est rapidement transporté par cette histoire sombre et lumineuse à la fois, cette quête d'idéal absolu.
C'est l'été 1965, en Provence. Le narrateur est un adolescent différent, c'est-à-dire légèrement déficient mentalement. Il vit avec ses parents âgés dans une station-service isolée et ne va plus à l'école.
Un jour, alors qu'il doit être envoyé dans un établissement spécialisé parce qu'il a failli mettre le feu à la garrigue près de la maison, il décide de fuguer pour prouver qu'il est un adulte. Sur son chemin, il rencontre une très jeune fille fantasque et croit tout ce qu'elle dit. Il lui voue un amour inconditionnel et l'appelle "Ma reine". Il croise aussi le chemin d'un berger, un autre personnage en marge.
Un roman initiatique émouvant sur l'enfance et la marginalité.

Éditions L'Iconoclaste, 2017, 240 pages. 
Le site de L'Iconoclaste.
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Il est très bon !

Le fan club de Charles Gobi va être ravi : voilà un nouvel opus — le sixième !* — dans la veine des précédents, tout en verve, jeux de mots et castagne à la marseillaise. Le titre en dit long sur le ton : Il est pas con, ce con ?
Que ceux qui n'ont pas encore la chance de connaître cet écrivain marseillais entre Tarantino, Mel Brooks et Pagnol, se consolent : il n'est point besoin d'avoir lu les précédents tomes pour plonger dans le bain... de sang. Oui, il y a toujours des morts, mais comme c'est pour la bonne cause, ça ne compte pas, et c'est même tout à fait jouissif !
Cette fois-ci, le méchant est un truand à la petite semaine (jusque là rien de bien grave sous le ciel marseillais), qui se double d'un type odieux, raciste et proxénète : et là, ça ne va plus du tout !
Il suffit qu'il parle mal à un retraité qui ne paie pas de mine — mais qui a des valeurs et du courage, pour ne pas dire des couilles — pour que tout aille très très mal pour lui. Tellement mal que notre fine équipe devra mettre en commun ses relations et ses réflexions pour se débarrasser du cadavre...
Où l'on retrouve donc la sympathique équipe du Bar de la Sidérurgie qui, pendant que les uns enterrent, les autres déterrent... Surprise !
Je n'en dis pas davantage, mais on se demande où Charles Gobi va chercher tout ça. Et bien sûr, comme on est à Marseille, à l'heure de l'apéro on parle de foot, de jeux de cartes, de pétanque, de canistrelli... et autres spécialités locales et internationales comme l'art contemporain et l'amour.
Bref, Il est pas con, ce con ? est très bon, drôle, inventif, plein d'actions, de rebondissements et de rigolade. Encore un très bon cru, bien cru et bien saignant, comme on les aime.

Roman auto-édité par Le Confort Numérique, 2017, 252 pages. 

Rendez-vous sur le site de Charles Gobi pour commander les livres ou les acheter à Marseille.

* Voir mes chroniques des précédents :
- Bar de la Sidérurgie
- Chemin des Prud'hommes
- Hercules des Trois-Ponts
- Les Goudes, c'est de l'anglais...
- La grosse Janine.

Du grand art

Au début, on se dit : c'est une blague ? C'est quoi cette conversation entre deux amis sans cesse interrompue par les allées et venues du chien foufou qu'ils ont emmené promener ? Et plus tard, cette autre conversation entre adultes, pendant un repas, en permanence coupée par les interventions du gamin ?
En fait, toutes ces conversations importantes et philosophiques, toutes ces histoires dans les histoires qui font écho (avec des références à Daisy Miller et aux Ambassadeurs d'Henry James) et autant de détails qui se répondent (comme l'importance des chiens dans la vie des gens) sont bien ancrées dans le réel et le quotidien des personnages.
Dans la vraie vie, on se pose des questions profondes et cela se passe ici ou là, dans des situations ordinaires ou dans le cadre privilégié et sensuel des hôtels.
— Personne ne prévoit l'avenir comme ça, dit-elle. Les gens font ce qu'ils font seulement parce que ça leur semble juste au moment où ils le font. Parfois ça l'est et parfois ça ne l'est pas. On ne se rend compte de ça que plus tard.
Je l'écris toujours* à propos de Gabriel Josipovici : c'est toujours une grande expérience de lecture qui laisse des traces bien après avoir refermé le livre.
Justement, il est beaucoup question de traces dans ce roman intitulé Dans le jardin d'un hôtel, de celles que laissent les absents, les rendez-vous manqués, les rencontres, les ruptures, les parts d'ombre, les souvenirs et les questions qui nous hantent et prennent parfois une place considérable.
À quoi cela tient quand des choix font bifurquer des destins ?
Comme souvent dans l'œuvre de Josipovici, l'essentiel semble s'immiscer entre les lignes en abordant des sujets difficiles ou impossibles à exprimer sur les mystères de la vie, de l'amour, de la mort, des destins... Et pourtant l'auteur réussi magistralement ce tour de force de nous les transmettre, par un geste, un ton, une attitude, une gêne, un agacement...
L'essentiel n'est pas toujours dans ce qui est dit ou vécu, mais fait étrangement écho en nous et se fige parfois dans nos esprits. 
Dans le jardin d'un hôtel est une œuvre énigmatique que l'on s'approprie facilement et où l'on peut aussi se prendre les pieds, passer à côté des subtilités de Josipovici et ne pas voir ce détail caché dans le motif du tapis persan.
Du grand art !

Quidam éditeur, 2017, 160 pages. 

* Lire aussi mes chroniques sur :
- Tout passe ;
- Moo Pak ;
- Goldberg : Variations ;
- Infini - l'histoire d'un moment.

dimanche 27 août 2017

Le livre qu'Erwan Larher a bien fait d'écrire

La littérature n'arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. il faut tenter le pari.
Au départ, c'était le livre que je n'avais pas du tout envie de lire — un peu pour les mêmes raisons qu'Erwan Larher n'avait pas envie de l'écrire, d'ailleurs, le côté anxiogène en plus — avant de tomber sur la série d'avis dithyrambiques des libraires qui recevaient le livre avant sa sortie (voir sur le site de l'éditeur). Et petit à petit, il devenait évident qu'il fallait lire ce livre, que c'était autre chose que ce que j'imaginais, quelque chose de puissant, poignant, émouvant. Pas du tout anxiogène (enfin, pas totalement), mais aussi frais, tendre, bienveillant, optimiste, d'une grande justesse, avec la bonne distance (et un judicieux emploi de la deuxième personne du singulier).
En même temps, comme ce livre est édité par Quidam, il fallait s'attendre à un texte hors du commun.
Dans Le livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher raconte pourquoi et comment il ne voulait pas écrire ce livre et comment il a fini par s'y mettre. Il ne s'agit donc pas d'un simple témoignage mais d'un objet littéraire autour de l'événement qu'il a vécu le 13 novembre 2015 : l'attentat au Bataclan. Et pour écrire autour, d'autres voix que la sienne, de proches à qui il a demandé un texte, s'expriment dans des chapitres titrés Vu du dehors.
C'est un texte ambitieux dont l'objectif littéraire est atteint, singulier, passionnant à divers égards. Un livre qu'Erwan Larher a bien fait d'écrire, qu'il a très bien écrit, esquivant tous les travers (le pathos, l'auto-valorisation vu qu'il sait aussi se dévaloriser), et que j'ai eu plaisir à lire (c'est incroyable mais on rit volontiers aussi à certains moments — ouf ! merci) malgré le sujet effroyable. Le livre que j'ai bien fait de lire et que je recommande vivement.

Quidam éditeur, Collection Made in Europe, 2017, 268 pages.
Lire aussi ma chronique sur Marguerite n'aime pas ses fesses du même auteur chez le même éditeur.

samedi 26 août 2017

De quel côté du miroir ?

Élise et Lise de Philippe Annocque est une histoire qui commence de façon presque anodine, comme un conte, puis qui nous entraîne doucement mais sûrement dans une mise en abîme, une spirale effroyable, un thriller psychologique comme l'auteur en a le secret (voir ma chronique sur Pas Liev).
Ce conte contemporain pour adultes aurait pu débuter par Il était une fois... ou plus précisément par Il était deux filles, Élise et Lise... car c'est une histoire de double je, de jeux de reflets presque identiques, légèrement déformants. Les deux prénoms se ressemblent tellement, les deux jeunes filles sont si proches, si inséparables, presque interchangeables... Elles font l'effet de vases communicants qui jouent sur la confusion des deux personnages. Quand la sororité résonne avec porosité, on ne sait plus qui est qui, qui manipule qui.
Bien sûr, avant tout c'est l'auteur qui mène en bateau le lecteur par un dispositif impressionnant.
Une ritournelle énigmatique revient régulièrement, intrigante, lancinante, finalement angoissante.
Élise prend l'air. L'air prend Élise. Tout cet air, ce souffle qui la traverse. Élise ne comprend pas. De quoi a-t-elle peur ?
Et nous, de quoi avons-nous peur ?
L'auteur joue sur la fascination dans les contes — et dans la vie — de certains personnages pour d'autres dont la place leur est enviable, sur l'ascendant insidieux dont certains usent pour hypnotiser, envoûter leur proie.
Luc, le prince pas si charmant, est sous le charme — maléfique ou pas ? — des deux filles.
Parmi les autres personnages, Sarah, une sorte de double de l'auteur, est aussi une observatrice et apporte de l'eau au moulin de l'histoire, avec des éléments théoriques faisant référence notamment à La morphologie du conte de Vladimir Propp, mais aussi à Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Il est question des doubles dans les contes mais aussi chez les auteurs de contes (qui ne sont que des rapporteurs et pas vraiment des auteurs), Grimm et Perrault, dont les premiers sont des frères et le second aurait utilisé le nom de son fils.
Bref, je m'emballe, je m'emballe, mais tout cela n'est peut-être que le fruit de mon imagination car comme l'écrit Philippe Annocque : "On n'est jamais sûr de rien."
Chacun se racontera sa propre histoire, trouvera ses propres clefs et ouvrira ses propres tiroirs en lisant ce conte qui propose une multitude de pistes et de fenêtres mais nous laisse dans le doute, face à notre propre reflet dans l'histoire. À tel point qu'à la fin, il faut reprendre la lecture, la relire sous un autre angle, avec une autre inclinaison du miroir. Voilà la spirale infernale.
Décidément, Philippe Annocque est un magicien des mots et des histoires, un diabolique conteur.

Quidam éditeur, 2017, 136 pages. 
Sur le même auteur, lire aussi mes chroniques :
- Pas Liev ;
- Liquide ;
- Vie des hauts plateaux.

jeudi 24 août 2017

Vaincre la nuit et l'oubli

Je suis ici pour vaincre la nuit est une belle enquête, une reconstitution émouvante et passionnante sur Yo Laur (1879-1944), une peintre tombée dans l'oubli.
Marie Charrel commence ses recherches sur Yo Laur (son arrière-grand-tante) après avoir été fascinée par un tableau exposé chez un oncle. Elle va écumer les archives, recueillir des témoignages parmi des membres âgés de sa famille. Mais ceux-ci peinent à parler tant le destin de l'artiste est tragique.
Que lui est-il arrivé ? Peu de traces, peu d'indices.
Marie Charrel reconstitue toute une vie à partir de bribes (ce qui rappelle Modiano et sa Dora Bruder), avec une grande sensibilité et beaucoup de suspens. Elle la replace dans l'histoire de l'art, imagine ses rencontres, ses maîtres, sa vie...
Ces chapitres s'intercalent avec un journal intime imaginaire de la peintre et, au présent, les avancées de l'enquête, des réminiscences de la propre histoire de la narratrice, ainsi que des documents d'archives réels.
Au fur et à mesure que l'enquête approche de la révélation, on pense forcément à tous ces destins brisés par la guerre et l'immense chagrin qui poursuit les descendants.
Un très bel hommage.

Éditions Fleuve, 2017, 352 pages. 

mercredi 23 août 2017

Zone interdite

Toute concordance avec des faits réels ou imaginaires, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne seront absolument pas fortuites.
La Zone des murmures de Natacha Nisic est une histoire dérangeante et surprenante qui finit en beauté.
Deux jeunes gens, Franck et Lise, travaillent dans une agence web parisienne dirigée par un patron sans scrupules. Ils décident de se déconnecter de leurs écrans et téléphones et de partir en weekend dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans une zone sans réseaux. Au début, tout semble normal, puis une gêne s'installe. L'ambiance est bizarre entre eux, comme s'ils se connaissaient à peine. Au fur et à mesure qu'ils s'enfoncent dans ce bout du monde isolé, des incidents surviennent, étranges ou cauchemardesques, comme une attaque d'insectes géants. Chacun a des réactions incongrues. Lise est phobique. Franck semble cacher quelque chose. Le décor est désolé, angoissant, alors qu'on s'attendrait à un paysage merveilleux.
On peut être perturbé par le début de cette histoire déroutante, au risque de décrocher, mais il faut persévérer car la fin inattendue est lumineuse.
Soudain, un dénouement truculent éclaircit tout et le dernier quart du livre est jubilatoire.

Éditions Tohubohu, 2017, 296 pages.

Pour amateurs de pirates

Les passionnés d'histoire et d'aventures de pirates vont adorer Le Sans-Dieu de Virginie Caillé-Bastide. Les amateurs de littérature contemporaine apprécieront peut-être moins.
L'autrice n'a pas lésiné sur le travail : documentation fouillée sur l'époque, vocabulaire, style et tournures de phrases... La reconstitution serait presque parfaite.
J'avoue que j'ai peu de goût pour les romans historiques et, de plus, j'ai été vite lassée par les longueurs et surtout la façon de s'exprimer des personnages, façon fin du XVIIIe siècle, j'imagine. 
J'ai eu quand même envie de connaître le dénouement de ce roman plein de rebondissements. Je l'ai donc lu jusqu'au bout.
Il ferait un bon scénario de film d'aventures en costumes, à condition de simplifier le langage des personnages.

Éditions Héloïse d'Ormesson, 2017, 330 pages. 

lundi 21 août 2017

Sa vie de Romand

J'aurais adoré être chanteur. Je me suis récemment mis au piano. Je prends des cours et peux m'accompagner par cœur sur Je suis malade. Je l'ai chanté à ma mère lors de son dernier séjour chez moi. À la fin de ma prestation, après un silence de quelques secondes, elle a levé la tête du dernier catalogue Leroy Merlin et m'a demandé : "Tes voisins ne rouspètent pas ?"
Voilà un excellent petit livre, dense et violent comme un coup de poing, mais aussi plein d'humour, qui se lit d'un trait avec beaucoup d'intérêt. Mon père, ma mère et Sheila est le premier roman d'Éric Romand.
Le narrateur raconte à la première personne ce qui semble être sa propre enfance lyonnaise dans les années 70 et 80, en courts paragraphes indépendants d'une extrême précision, avec de nombreuses références aux objets populaires emblématiques de l'époque. En quelques lignes, les souvenirs sont décrits avec distance et parfois sur un ton pince-sans-rire qui ne cherche jamais à enjoliver : tour à tour ironiques, crus, effroyables, rarement nostalgiques (sauf lorsqu'il s'agit de ses grands-parents épiciers), avec des détails ou dénouements incongrus.
Par fragments, on découvre le mode de vie de ses parents issus de la classe ouvrière : la violence du père, la froideur de la mère, les goûts musicaux de l'époque (dont Sheila, en première ligne), les penchants sexuels du narrateur, son entrée dans la vie professionnelle...
Le procédé des fragments autobiographiques et le ton distancié rappellent Valérie Mréjen dans Mon grand-père, L'Agrume et Eau Sauvage ; mais aussi Grégoire Bouillier dans Rapport sur moi.
Une belle surprise de la rentrée littéraire.

Éditions Stock, 2017, 112 pages.

vendredi 18 août 2017

D'où viens-je ? Où vais-je ?

D'où viens-je ? Cette fameuse question nous turlupine depuis des lustres.
Yuval Noah Harari, professeur d'histoire israélien, tente d'y répondre avec Sapiens - Une brève histoire de l'humanité.
Brève, façon de parler, vu le pavé de plus de 500 pages auquel il faut s'attaquer, mais pour une histoire sur 100 000 ans, ce n'est pas si long. Il s'agit même d'une brillante synthèse.
C'est captivant dès le début car cet excellent pédagogue a l'art de raconter des histoires sur l'histoire. Il aborde des points de vue tout à fait intéressants sur l'évolution de Sapiens en tentant de le remettre à sa place et d'expliquer comment il en est arrivé là, notamment en coopérant — pas toujours de façon constructive — et en se racontant des histoires.
Je résume, bien sûr, mais c'est grâce à toutes sortes de fictions et de croyances (juridiques, financières, sociales, religieuses....) que l'homme domine le monde.
Par contre, sur l'autre question qui nous titille de savoir où nous allons, l'auteur n'en sait pas davantage mais attire notre attention sur les nombreuses dérives aberrantes dont l'homme est capable.
Voici soixante-dix mille ans, Homo sapiens n'était encore qu'un animal insignifiant qui vaquait à ses affaires dans un coin de l'Afrique. Au fil des millénaires suivants, il s'est transformé en maître de la planète entière et en terreur de l'écosystème. Il est aujourd'hui en passe de devenir un dieu, sur le point d'acquérir non seulement une jeunesse éternelle, mais aussi des capacités divines de destruction ou de création.
Par malheur, le régime du Sapiens sur terre n'a pas produit jusqu'ici grand-chose dont nous puissions être fiers.
On peut donc s'interroger sur les conséquences des progrès de la science sur l'humain et se demander si cela entraînera la fin de l'Homo sapiens. Pour donner quoi ? Car c'est bien la question : que voulons-nous devenir ? Et plus exactement : que voulons-nous vouloir ?
Yuval Noah Harari a d'ailleurs remporté un succès mondial et mérité avec ce livre. La suite s'annonce tout aussi passionnante : Homo deus, une brève histoire de l'avenir, à paraître début septembre.

Éditions Albin Michel, 2015, 512 pages.