
Un artiste multiforme, donc, et surtout intéressé par la forme, justement, surtout quand elle parle.
Tes thèmes de prédilection sont l'errance, la déambulation, la ville, et bien sûr la créolité. Originaire de l'île de La Réunion, tu as vécu au Brésil, deux pays que l'on retrouve dans tes œuvres sans qu'ils soient cités.
Pierre-Louis Rivière : Je suis frappé par les similitudes du brésilien et du créole réunionnais. Au départ, le roman devait s'intituler Créoles, en souvenir du magnifique Dubliners de Joyce. Todo mundo n'était que le sous-titre mais il est finalement devenu le titre du livre. En créole réunionnais, todo mundo se dit tout domoun, ce qui est phonétiquement très proche. Ces correspondances sont logiques puisque la route maritime pour venir à La Réunion passait par le Brésil, donc beaucoup de mots ont transité de cette façon. Cela se retrouve dans les noms de plantes que les voyageurs rapportaient du Brésil. Par exemple, le xuxu (prononcé chouchou) brésilien a donné le chouchou à La Réunion et non la christophine comme on l'appelle aux Antilles.

Le thème du mélodrame est également très présent dans ton œuvre.
J'aime bien jouer avec les ressorts du mélodrame, les histoires de famille, les secrets, les revers de fortune, les problèmes de filiation, de descendance qui, dans nos pays créoles, se compliquent de l'incertitude de la couleur de peau, plus ou moins noire, blanche, beige...
C'est surtout la forme qui est très importante, comme ces déambulations qui résonnent avec les pensées du narrateur dans la construction de Todo mundo, par exemple.

Des projets ?
Oui, je continue à écrire. J'ai d'autres espaces en tête et deux chantiers en cours.
À suivre, alors !
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