Les Forces de Laura Vazquez est un roman totalement original, érudit et familier, loufoque, intense et facile à lire tant les mots et les phrases s'enchaînent avec une logique surprenante qui tient en haleine.
C'est aussi un texte difficile à identifier, mouvant, vivant.
C'est un rythme, un flot de pensées, un long poème à lire à voix haute ou à se prononcer en silence.
La narratrice s'insurge contre la fausseté du monde, les croyances et les mensonges de la famille, des groupes, de la société.
Elle fait des rencontres et des expériences pour le moins étonnantes, parfois dérangeantes.
Certains chapitres sont émaillés de citations en italiques avec le nom de l'auteur dans la marge.
Poésies pures.
Les heures étaient longues dans mon enfance, mais je ne me suis pas tuée. J'ai l'air calme. Plus jeune, je cherchais tout. Et je pouvais rester devant les fleurs à la recherche de la scène : un pétale en train de tomber. Je voulais des scènes. Je ne me comprenais pas moi-même mais, à l'intérieur, dans les parties sans paroles j'avais une connaissance et sans arrêt je la touchais. Je suis bizarre. Si mon regard se pose au marché sur des œufs de poissons, je m'arrête et je pense les œufs de poissons possèdent une beauté proche du ciel le soir, des visages d'enfants, ou des beaux arts.
Éditions du Sous-Sol, 2025, 304 pages.


