lundi 9 février 2026

Un splendide roman à redécouvrir

Il n'est jamais trop tard pour découvrir des écrivains formidables. 
C'est grâce à la maison d'édition Au Vent des Îles, fondée à Tahiti il y a 35 ans, que nous découvrons ce roman exceptionnel et inédit en France : L'Arbre de l'homme de Patrick White (1912-1990). 
Publié en 1955, il est considéré comme son chef d'œuvre. Sinon, toute son œuvre est éditée par Gallimard. 
Patrick White a reçu le Prix Nobel de littérature en 1973. Né à Londres, il s'est installé en Australie où il est décédé en 1990. 
L'Arbre de l'homme est un roman à l'écriture ciselée, sensible, époustouflante, où la beauté et la poésie se cachent dans les détails, le mystère et parfois dans le silence. 
C'est l'histoire d'un couple de pionniers qui s'installe dans le bush australien, autant dire dans un no man's land, qui se peuple peu à peu, et que nous suivons toute leur vie. 
Il y a du Faulkner dans la violence de la nature et la cruauté des hommes. 
L'arbre du titre est aussi généalogique : il est question de la sève qui circule entre les membres d'une famille, même si les enfants fuient ce bush sans pouvoir se couper de leurs racines et ancêtres.
Une immense (re)découverte !

Autour, le bush était en train de disparaître. Dans cette lumière de nuit tombante, sous le ciel blanc, les ramures noires des arbres, les broussailles sombres et menaçantes se repliaient jusqu'à ne faire plus qu'un. Seul le feu tenait bon. Et dans le cercle de sa lumière, les traits de l'homme étaient inébranlables tandis qu'il effilochait du tabac entre les paumes endurcies de ses mains, un carré de papier grelottant collé à sa lèvre inférieure. 

 Au Vent des Îles, 2025, 576 pages.

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