lundi 25 mai 2026

Sujet littéraire : la mère

Dans un court et passionnant essai, Écrire sa mère. Des écrivaines et des écrivains à la recherche de l'amour perduRobert Neuburger nous parle des relations aux mères, qu'elles soient absentes, mal-aimantes ou trop aimantes, et comment les écrivains abordent ces sujets.
Alors que l'auteur est psychiatre et psychothérapeute, le texte est d'une grande limpidité : ni jargonneux ni abstrait. Il précise : 

Mon pari s'est inspiré de Georges Perec, qui écrivit tout un roman, La Disparition, sans utiliser la lettre « e » ; moi aussi je me suis imposé ici une contrainte, celle de n'utiliser qu'a minima le vocabulaire psychiatrique ou psychanalytique et, surtout, diagnostique. Le parcours des malaimées, et de certaines trop-aimées, apporte un éclairage sur la complexité du trajet qui les a menées, depuis le constat de ce qu'ils et elles avaient subi, jusqu'à leur émergence par l'écriture. Les étapes qu'ils et elles ont franchies, du moins telles que j'ai pu les identifier, témoignent que ce n'est pas un parcours simple et qu'elles doivent être respectées. Ce que j'en ai retenu de plus précieux est que l'on ne peut aborder les situations traumatiques frontalement. Aucune gomme n'effacera le passé, mais celui-ci peut être sublimé. Il ne s'agit pas de faire l'apologie du traumatisme, mais de souligner qu'il n'y a pas de destin irrémédiable. Du pire peut toujours surgir le meilleur.

Avec de nombreuses citations de : Annie Ernaux, Nancy Huston, Delphine de Vigan, Marguerite Duras, Pascal Quignard, Hervé Bazin, Simenon, Colette, Albert Cohen, Romain Gary, Saint-Exupéry, Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt, etc.

Payot Poches, 2026, 144 pages. 

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