lundi 1 octobre 2018

L'inspiration du mont Ventoux

Le mont Ventoux est désormais mythique dans le monde entier comme "Everest des cyclistes", mais aviez-vous imaginé qu'il inspirait autant les poètes, écrivains, explorateurs et chroniqueurs ?
Ils sont plus de 150 à figurer dans l'anthologie Ventoux, versant littéraire, dirigée par Bernard Mondon, avec plus de 200 textes choisis, dont certains ont traversé les siècles et restent emblématiques du Ventoux, comme l'ascension de Pétrarque.
Les textes sont regroupés en trois parties : la montagne à l'horizon, l'ascension et le sommet.
Nuit sur le sommet du Vaucluse. La voie lactée descend jusque dans les nids de lumières de la vallée. Tout se confond. Il y a des villages dans le ciel et des constellations dans la montagne. (Albert Camus, Carnets
On y retrouve également Madame de Sévigné, René Char, Philippe Jaccottet, Noëlle Châtelet, Sylvain Tesson, Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Jean-Henri Fabre, Jean Giono, Jean Proal, Roland Barthes, Antoine Blondin, Emil Cioran, Marie Mauron, Pierre Seghers, Marie Cardinal...
J'ai hanté dix ans le Ventoux. En long, en large et en hauteur. Et en profondeur aussi, car je crois avoir entendu battre son cœur secret. Cette montagne qui m'a paru d'abord dérisoire — tas de cailloux aux marges de la Provence, imitation grossière des vraies crêtes et des vrais sommets, trompe-l'œil à l'usage des épiciers de Marseille — a pris pour moi son sens et sa vertu de montagne. Car les épiciers partis, elle me restait intacte, dédaigneuse des papiers gras et des litres vides. Intacte accessible à l'amour seul. Aussi fermée, aussi secrète, aussi hautaine que les grandes cimes. Vivante aussi, chargée de plantes et de bêtes, baignée de ciel vivant, changeante au gré des heures et des saisons. Tout entière vivante : faite de ruses et de colères et de désarmantes douceurs. (Jean Proal, Bagarres)
Un magnifique livre de chevet à explorer sans modération.

Éditions Esprit des Lieux, 2018, 560 pages, avec notamment des photos de Firmin Meyer et des dessins de Joseph Eysséric.

1 commentaire:

  1. Oui marie tu as raison : un livre de chevet pour pouvoir sillonner le Ventoux été comme hiver !Merci.

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