
À l'origine pensé pour le cinéma, Tous les matins du monde a été écrit par Pascal Quignard à la demande d'Alain Corneau. En fait de scénario, Quignard a écrit un roman, une œuvre littéraire dont chaque chapitre correspond à une scène. Une forme courte, mais quel bijou !
Le titre est tiré d'une phrase du livre : "Tous les matins du monde sont sans retour."
Dans le film, le violiste Marin Marais (à l'écran, Gérard et Guillaume Depardieu) brille à la Cour du roi et se souvient de son austère et colérique professeur Monsieur de Sainte Colombe (Jean-Pierre Marielle), et dont la fille aînée (délicieuse Anne Brochet) est morte d'amour pour lui.
Monsieur de Sainte Colombe, quant à lui, vivait reclus avec ses filles suite à la mort de sa femme, dont le fantôme lui rend visite quand il joue.

"Sans doute avez-vous trouvé une place qui est d'un bon rapport. Vous vivez dans un palais et le roi aime les mélodies dont vous entourez ses plaisirs. À mon avis, peu importe qu'on exerce son art dans un grand palais de pierre à cent chambres ou dans une cabane qui branle dans un mûrier. Pour moi il y a quelque chose de plus que l'art, de plus que les doigts, de plus que l'oreille, de plus que l'invention : c'est la vie passionnée que je mène."Dans le roman comme dans le film, l'art dans toutes ses expressions (musique, peinture, théâtre...) touche au sublime.
Éditions Gallimard, 1991.
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