En effet, le personnage principal, Ever Gaimausaddle, est comme lui d'origine cherokee, kiowa et mexicaine, entre autres. Ever ("toujours" en anglais) est le diminutif d'Everardo et donne à ce personnage un caractère obstiné et combattant, résilient.
Son histoire est racontée par plusieurs membres de sa famille au fil du temps, comme une série de confessions, de points de vue et de pièces au puzzle. L'arbre généalogique en début d'ouvrage nous aide à suivre qui est qui.
Selon qui parle, c'est un récit plein de rage et de tendresse mêlées entre les rudes épreuves, injustes ou fatales, les blessures profondes, les repentirs, les pardons, les réconciliations, les luttes continuelles pour s'en sortir et sauver ses proches.
Si les liens familiaux sont parfois mis à mal par l'adversité ou l'incompréhension, les violences, le racisme, le déterminisme... ils ne se rompent jamais, malgré tout scellés dans la tradition et la solidarité.
La naissance d'un bébé malformé va notamment rassembler toute la famille au sens propre, dans une chambre d'hôpital, comme au figuré : c'est un des chapitres les plus émouvants du livre, un point culminant du récit, plein d'espérance.
Ce parcours semé d'obstacles est rendu particulièrement vivant grâce à la langue d'Oscar Hokeah ponctuée d'expressions autochtones ou en espagnol, non traduites. Ces termes mystérieux, au lieu de nous tenir à distance, nous immergent littéralement dans cette autre culture et nous fascinent : ils offrent une palette de couleurs authentiques d'une grande poésie.
Bouleversant.
Éditions Rue de l'échiquier, 2026, 240 pages.
Chez le même éditeur, lire aussi mes chroniques sur :
- Les Semeuses ;
- Mousse ;
- Écotopia ;
- Gorge d'or.

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